08/02/2014

Les liaisons dangereuses de René Fasel

J’aime bien René Fasel, médecin dentiste de profession et arbitre de hockey sur glace dans les années septante. Journaliste au quotidien La Suisse - dont on fêtera le 20e anniversaire de sa disparition le 13 mars - j’ai fait sa connaissance à son cabinet dentaire à Fribourg. Nous avons immédiatement sympathisé, unis par la même passion, le hockey sur glace.

L’homme dégageait une autorité naturelle. Sur la glace, sifflet à la bouche, il faisait partie du gratin des arbitres suisses. A sa retraite en 1982, il accédait à la présidence de la commission des zébrés de la Ligue nationale. C’était le début d’une irrésistible ascension, qui le mènera successivement à la tête de la Fédération suisse puis internationale et, last but not least, au comité du CIO.

Le Franquiste Juan Antonio Samaranch lui mettait ensuite le pied à l’étrier et lui faisait découvrir les arcanes du monde olympique. C'était le premier faux-pas d'un parcours jusque-là sans faute de René Fasel, au-delà même de ses réussites spectaculaires, parmi lesquelles la participation des joueurs de NHL aux tournois olympiques de hockey sur glace. A l’époque, aveuglé par son ambition, il occultait les accusations de népotisme et de corruption qui ont terni le bilan du président du CIO de 1980 à 2001.

Et voilà, que René Fasel a remis le couvert à l’occasion des Jeux olympiques de Sotchi. Dans le Matin Dimanche du 2 février, à la rubrique «Les 4 vérités de…», il a confessé, sans honte et en ses termes, son amitié pour le peu fréquentable Vladimir Poutine, dictateur de son état: «Je le connais depuis 1999 et il est devenu un ami. On partage la même passion pour le hockey et on en a souvent parlé autour d’une table, en allemand, langue qu’il maîtrise parfaitement. Si un homme a réussi à redonner sa grandeur à la Russie, c’est lui.»

J’aime toujours René Fasel. Moins ses liaisons dangereuses…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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