23/02/2014

Douloureux retour sur terre

Après la parenthèse glorieuse du meilleur  tournoi olympique de tous les temps, les analyses fines – de purs moments de bonheur – de Gary Sheehan au poste de consultant de la RTS, le sacre final de l’immense équipe du Canada et la sortie de route prématurée – mais pas surprenante pour autant en regard des défaillances individuelles de trop de joueurs estampillés NHL (Streit, Diaz, Weber, Josi et Brunner)– de l’équipe de Suisse, le retour sur terre, ou plutôt sur glace, s’annonce douloureux pour les spectateurs et téléspectateurs du championnat de LNA.

On ne va pas rabaisser ici les joueurs helvétiques. Mais ce n’est faire injure à personne que d’affirmer que la saison régulière 2013/2014 ne marquera pas les esprits. A vrai dire, le niveau de jeu est même plutôt médiocre. A l’exception des ZSC Lions, qui ont exercé une domination sans partage sur leurs adversaires, les autres ténors supposés de la grande Ligue ont trop souvent pointé aux abonnés absents. On veut dire Fribourg, miné par une succession de blessures, Davos, fou amoureux des montagnes russes, Berne et Zoug, en chute libre.

Il ne fallait surtout pas compter sur Genève-Servette et ses intermittents du spectacle pour égayer le championnat. Après l’embellie de la Coupe Spengler, ils ont replongé dans les abîmes. Le duo Lombardi-Daugavins n’a pas masqué les limites d’un système de jeu rébarbatif et un brin démodé. On s’est souvent ennuyé depuis le début de la saison aux Vernets. Même Denis Hollenstein, annoncé à juste titre comme le Messie, a bégayé  son hockey. De dépit ou par commodité personnelle, l’attaquant international s’en retournera à Kloten. La presse suisse alémanique est unanime à ce sujet.

Maintenant, vivement que cette saison régulière sans fin se termine pour faire place aux séries finales que la Suisse entière du hockey attend avec impatience et gourmandise. Rendez-vous le mardi 11 mars.

 

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16/02/2014

Ls sous doués du micro

On s’en souvient comme si c’était hier. C’était le jour de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi, commentée sur un ton d’enterrement  par le chef du service des sports de la RTS. Intervention qu’il a terminée sur une envolée cucul-la-praline pour dire que notre télévision nationale n’avait jamais songé à boycotter les Jeux – on s’en serait douté - et couvrirait cet événement planétaire de manière… professionnelle. Un adjectif qu’il ne fallait surtout pas prononcer, car professionnalisme et sports à la RTS font rarement bon ménage. Sauf en tennis et en football notamment…

Dix jours que les Jeux olympiques ont commencé, dix jours de supplice à l’écoute des commentaires médiocres, imprécis, enfantins et ennuyeux des envoyés spéciaux de notre télévision à Sotchi. Même le fade présentateur du Téléjournal de 19h30 a fait pâle figure face à la lumineuse et pétillante Dominique Gisin, le jour de son sacre en descente. Bref, tout sauf du boulot de pro.

Au fond, il n’y a pas à s’étonner du naufrage de la RTS à Sotchi. Un de plus ajouté à tant d’autres. La faute au pseudo chef des sports qui a le don inné d’engager les plus médiocres plumitifs de la profession, à quelques exceptions près quand même. Peut-être pour cacher sa propre incompétence.

Bien sûr, nous direz-vous, rien ne nous oblige à rester scotché devant notre petit écran à l’écoute de la RTS. Sauf que comme vous tous, je paie ma redevance et qu’à ce titre, j’ai droit à un festin de roi. Et non pas à la tambouille servie dans une gargote.

Par bonheur, les consultants - à l’exception de l’entraineur d’un club de première ligue qui ose disserter sur les matches de hockey sur glace - redorent le blason d’une télévision en pleine débâcle sur la neige et la glace de Sotchi.

 

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08/02/2014

Les liaisons dangereuses de René Fasel

J’aime bien René Fasel, médecin dentiste de profession et arbitre de hockey sur glace dans les années septante. Journaliste au quotidien La Suisse - dont on fêtera le 20e anniversaire de sa disparition le 13 mars - j’ai fait sa connaissance à son cabinet dentaire à Fribourg. Nous avons immédiatement sympathisé, unis par la même passion, le hockey sur glace.

L’homme dégageait une autorité naturelle. Sur la glace, sifflet à la bouche, il faisait partie du gratin des arbitres suisses. A sa retraite en 1982, il accédait à la présidence de la commission des zébrés de la Ligue nationale. C’était le début d’une irrésistible ascension, qui le mènera successivement à la tête de la Fédération suisse puis internationale et, last but not least, au comité du CIO.

Le Franquiste Juan Antonio Samaranch lui mettait ensuite le pied à l’étrier et lui faisait découvrir les arcanes du monde olympique. C'était le premier faux-pas d'un parcours jusque-là sans faute de René Fasel, au-delà même de ses réussites spectaculaires, parmi lesquelles la participation des joueurs de NHL aux tournois olympiques de hockey sur glace. A l’époque, aveuglé par son ambition, il occultait les accusations de népotisme et de corruption qui ont terni le bilan du président du CIO de 1980 à 2001.

Et voilà, que René Fasel a remis le couvert à l’occasion des Jeux olympiques de Sotchi. Dans le Matin Dimanche du 2 février, à la rubrique «Les 4 vérités de…», il a confessé, sans honte et en ses termes, son amitié pour le peu fréquentable Vladimir Poutine, dictateur de son état: «Je le connais depuis 1999 et il est devenu un ami. On partage la même passion pour le hockey et on en a souvent parlé autour d’une table, en allemand, langue qu’il maîtrise parfaitement. Si un homme a réussi à redonner sa grandeur à la Russie, c’est lui.»

J’aime toujours René Fasel. Moins ses liaisons dangereuses…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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02/02/2014

Hockey suisse: honte à eux!

Les dirigeants des clubs de hockey sur glace de LNA jouent les apprentis sorciers, histoire de plagier la trentaine de franchises de la Nationale Hockey League (NHL). Alors qu’un monde, que dis-je, un océan les sépare. D’un côté, le plus grand championnat du monde qui draine des centaines de millions de dollars; de l’autre un pâle ersatz, bouffi de vanités!

Désormais, la petite Suisse parodie la grande Amérique en matière d’échange de joueurs. Le processus a été initié par Chris McSorley dès son arrivée en 2001 à Genève. Combien de joueurs de Genève-Servette en disgrâce ont-ils été priés de s’expatrier vers d’autres horizons en cours de saison alors que leur contrat de travail courait encore? Franchement, on ne sait plus! Freddy Bobillier, Patrice Brasey et Yanick Lehoux, pour ne citer qu’eux, ont joué les précurseurs, bien malgré eux, de ce grand nettoyage importé d’Outre-Atlantique. Gian-Marco Crameri, lui aussi. Sauf que son cas a fait jurisprudence si l’on peut s’exprimer ainsi. Pour non respect d’un contrat de travail, Genève-Servette a été condamné à verser une indemnité de plus de 500’000 francs par le Tribunal fédéral à l’attaquant grison.

A son épilogue, en 2008, l’affaire avait fait grand bruit. Conforté par ce jugement, Gianluca Mona, prié de faire ses valises direction le Lausanne HC (LNB), un an plus tard par Chris McSorley, s’était rebellé. Prêt à mettre fin à sa carrière, il avait gagné son bras de fer avec l’Ontarien et obtenu la pleine et entière compensation de son salaire. Assortie d’une indemnité de déplacement, qui avait fait grincer des dents l’entraîneur-manager de Genève-Servette.

Mais le temps passant, et les principales organisations du pays emboîtant le pas à Chris McSorley, les joueurs sont redevenus une monnaie d’échanges jetables à merci, entre les clubs. Derniers exemples en date, ceux de Jérémie Kamerzin, John Fritsche et Romain Loeffel, qui ont appris qu’ils faisaient l’objet d’une transaction commune entre Genève-Servette et Fribourg-Gottéron sans avoir été prévenus. C’était à prendre ou à laisser avec le risque, en cas de refus, de finir la saison dans les tribunes. Les deux premiers joueurs ont quitté les Vernets et Chris McSorley sans véritable regret; le troisième larron, qui a fait toutes ses classes à Gottéron, s’est plaint de ce traitement de choc sur les ondes de Radio Fribourg: «On n’est que des numéros…»

 

Les tenants d’un libéralisme effréné applaudissent des deux mains ces méthodes à la hussarde. Grand bien leur fasse. Mais la manière dont l’affaire s’est conclue interpelle. Les  joueurs ont été mis devant le fait accompli; leurs droits élémentaires ont été bafoués. Navré, mais ces tristes mœurs importées d’Amérique du Nord ne font honneur ni au hockey suisse, qui se voit plus beau qu’il n’est, ni à ses dirigeants et coaches. Ou quand la grenouille veut se faire plus grosse que le bœuf…

 

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