03/03/2014

Carton rouge à la FIFA

La Fédération internationale de football (FIFA) s’est enfilé un magnifique autogoal, qui aurait passé presque inaperçu sans la très vive réaction des autorités du football français - par exemple - au nom de la défense des droits de la femme.

Après une période d’essai de 20 mois, la FIFA a adopté officiellement le port du voile (femmes) et du turban (hommes, telle la communauté sikh). Jusque-là, le port du hijab était interdit, non pas en raison d’une atteinte à l’image de la femme mais, tenez-vous bien, à cause des risques de blessure. La seule restriction émise par la FIFA dans son nouveau règlement est que «le voile ne soit pas rattaché au maillot pour ne pas représenter un danger pour la personne qui le porte ou pour autrui…» Ce changement dans les lois du jeu est consécutif à une plainte déposée par l’Iran dont les joueuses avaient déclaré forfait contre la Jordanie, en juin 2011, pour protester contre l’interdiction du port du voile.

Alors qu’elle doit faire front à la colère d’une partie du peuple brésilien opposé à l’organisation de la Coupe du monde en juin prochain et qu’elle se déchire sur les dates du Mondial 2022 au Qatar, mais pas seulement (voir les soupçons de corruption qui pèsent sur cette candidature), la FIFA de Sepp Blatter, un président décidément très controversé, crée une nouvelle polémique inutile dans le petit monde du ballon rond. Et même au-delà.

Frédéric Thiriez, président de la Ligue de football professionnel français, a été le premier à monter aux barricades. Comme en témoigne la teneur de son communiqué incendiaire:

«Je déplore la décision de la FIFA qui malmène le principe d’universalité du football selon lequel toutes les joueuses et tous les joueurs sont soumis aux mêmes règles et aux mêmes conditions de jeu. Alors que la charte olympique exclut tout signe religieux, cette autorisation va à l’encontre du droit des femmes et menace la neutralité d’un football préservé des querelles religieuses et politiques. 
»Cette trahison est lourde  de menaces pour l'avenir.  Même si la Fédération française  de football a rapidement réagi, au nom du principe de subsidiarité (elle n’appliquera pas le règlement qui favorise le communautarisme), en maintenant l'interdiction  du port du voile pour les sélections  et compétitions nationales,  pourra-t-elle résister longtemps  aux pressions qui ne manqueront pas de s'exercer sur elle au nom  de la prééminence des règlements internationaux? Comment les jeunes filles qui ne souhaitent pas porter  le hidjab pourront-elles lutter  contre l'ascendant d'un père  ou d'un imam? Verra-t-on demain,  au nom du respect des identités culturelles, des joueurs évoluer avec la kippa, le turban ou la croix des Templiers?
»

La question certes provocatrice mérite réflexion…

 

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