23/09/2014

Chris McSorley: Docteur Jekyll et Mister Hyde

Le Matin Dimanche dresse un portrait vérité de Chris McSorley. Plutôt flatteur, bien ficelé et pas dénué d’intérêt, car le propriétaire-manager-entraîneur de Genève-Servette dévoile des pans entiers de la face cachée de sa vie. On veut dire un père tyrannique, un dur labeur à la ferme familiale et un instinct de survie qui ont forgé son tempérament.

Chris McSorley dévoile deux visages. Comme le Docteur Jekyll et Mister Hyde. Le premier - où il force le trait à dessein - qu’il arbore dans le vestiaire, sur la glace et à la bande. Avec son langage fleuri - à faire rougir n’importe quelle punaise de sacristie ou grenouille de bénitier - qui a façonné la réputation sulfureuse du personnage, pas toujours sympathique certes, mais tellement authentique qui, s’il n’existait pas, il faudrait inventer.

Le second, tout miel, destiné à la galerie, aux VIP, aux spectateurs et aux supporters. Son opération charme lors des deux participations de Genève-Servette à la Coupe Spengler a conquis le cœur des Davosiens. Vous l’avez deviné, Chris McSorley a besoin d’être aimé à tout prix. Pas forcément de ses joueurs qui, au mieux le respectent, au pire le détestent. Mais de ses proches et de la communauté.

A Genève, Chris McSorley jouit d’une liberté sans frontière. Une liberté qui lui serait refusée partout ailleurs, que ce soit en Suisse, en Europe, en KHL ou en NHL. Copropriétaire du GSHC, il règne en maître et seigneur. Engage les joueurs, les dégomme aussi selon un système de notation pervers. Car son inventeur est à la fois juge et partie.

Quand la tête d’un Servettien ne lui revient plus, il est aussitôt cloué au pilori par le boss! Daniel Rubin, de retour au bercail après deux saisons de galère à Berne et pas rancunier pour un sous, Eric Walsky et Dan Fritsche – pour ne citer que ceux-là – peuvent en parler d’expérience, eux qui ont subi le désamour de leur entraîneur quand ils ont exprimé des envies d’ailleurs. Sans parler des joueurs rémunérés au prix du marché et sous de contrat longue durée ­- que Chris McSorley a signé en toute connaissance de cause - et qui, devenus indésirables d’un jour à l’autre, sont tout juste bons à jeter à la poubelle comme de vulgaires Kleenex.

Ces vérités-là méritaient aussi d’être dites. Sans pour autant passer sous silence la force de caractère de Chris McSorley, qui lui a permis de restaurer le hockey sur glace à Genève, de structurer le club désormais jalousé par ses pairs en Suisse alémaniques, et de supporter l’incompétence crasse des politiciens genevois - Ville et canton confondus - en charge du dossier de la future patinoire. Qu’on désespère un jour de voir sortir de terre…

 

 

 

 

 

 

 

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