31/10/2014

La Coupe parent pauvre du hockey suisse

Chouette, la Coupe de Suisse de hockey sur glace renaît de ses cendres après avoir sommeillé pendant 42 ans! Son prochain défi: elle doit maintenant s’inscrire dans la durée. A y regarder de plus près, le pari n’est pas gagné. Loin s’en faut! Les huitièmes de finale de cette compétition, qui a notamment couronné Genève-Servette deux fois par le passé (1959 et 1972), ont montré les limites de l’exercice.

Jugez plutôt: à l’exception du match Viège-Davos (4-2), qui a constitué la seule (bonne) surprise de la soirée de mercredi (4300 personnes), le public a boudé. Moins de 2000 spectateurs à la BCF Arena pour Fribourg-Ambri-Piotta, 1800 à peine pour ZSC Lions-Zoug, à Winterthour, 2465 pour Bienne-Kloten et 4581 aux Vernets – certes la plus grosse affluence du jour, mais loin des 6400 de moyenne enregistrés depuis le début du championnat – pour le derby romand Genève-Servette-Lausanne. De toute petite cuvée, hélas!

Comment expliquer ce désamour du public à l’égard d’une épreuve, inscrite par exemple au patrimoine du football suisse? Justement, ce sport peut s’appuyer sur une longue tradition. Au contraire du hockey sur glace qui, en 106 ans d’existence, n’a connu que onze éditions, dont dix d’affilée, avant une première pause de 72 mois et un enterrement de première classe ensuite.

Autre raison majeure de cette désaffection des supporters: des clubs ont décidé de faire l’impasse sur les huitièmes de finale en raison du calendrier démentiel qui les attend. Mercredi, par exemple, Davos a laissé deux joueurs étrangers (Axelsson et Koistinen) à la maison avec les funestes conséquences que l’on sait; Fribourg-Gottéron, appelé à disputer huit matches en quatorze jours, a aligné six juniors élite (5 joueurs de champ et un gardien) pour ménager ses leaders. En revanche, tenant du titre, Genève-Servette a accepté de jouer le jeu, malgré un agenda surchargé (championnat, Coupe, Ligue des champions et Coupe Spengler). Chapeau bas à lui!

Vous l’avez deviné, à la lumière de ces faits la Coupe de Suisse a déjà du plomb dans l’aile. Mais son acte de décès n’est pas encore publié. Laissons-lui le temps de faire ses preuves avant de la vouer aux gémonies.

 

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