26/12/2014

Chris McSorley, Monsieur Bricolage

Chris McSorley a été gâté pour les fêtes de Noël. Comme le président François Hollande, il a reçu une boîte à outils toute neuve. Conquis, le nouveau Monsieur Bricolage de Genève-Servette s’est aussitôt mis à l’ouvrage. A la veille de la Coupe Spengler, il s’est séparé d’un très bon ouvrier, Juraj Simek, au prétexte qu’avec les arrivées de Matthew Lombardi et Cody Almond, il ne pouvait plus lui offrir un temps de jeu à sa convenance, et Paul Ranger, un pétard mouillé, qui a explosé à la gueule du chef, l’unique responsable de ce grand pschitt !

Chris McSorley pourrait connaître de nouvelles désillusions à l’avenir. Le retour au bercail du Messie Matthew Lombard s’apparente pour l’instant à un retentissant flop. Après quatre matches seulement sous le maillot de Genève-Servette, le Canadien compile déjà une fiche de -4 (présence sur la glace lors des buts marqués ou encaissés par son équipe). Presque aussi médiocre, soit dit en passant, que celle de Noah Rod (-11, mais après 32 parties quand même) qui, depuis que le boss a voulu changer sa partition, a perdu tous ses repères. L’étoile pâlissante (filante?) des Grenats affiche la pire statistique du club avec Dario Trutmann (-15), encore une trouvaille fumeuse de Monsieur Bricolage.

Reste que la meilleure équipe que Chris McSorley n’ait jamais dirigée (sic) peut pavoiser: elle figure du bon côté de la barre, contrairement à Fribourg-Gottéron, qui galère à l’avant-dernière place du classement. L’effet psychologique provoqué par le licenciement d’Hans Kossmann, à qui une certaine presse a trouvé tous les défauts du monde, s’est vite estompé. À son tour, Gerd Zenhäusern découvre le manque d’orgueil, de leaders et de révolte de son équipe. Bienvenue au club! On lui souhaite tous nos bons vœux et bien du courage dans sa mission (impossible?) de mener Fribourg-Gottéron dans les séries finales.

 

 

 

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17/12/2014

Mais qu'est devenue la mémoire journalistique?

Les médias suisses – mais pas seulement! – subissent une mutation improbable, mais inévitable, avec les bouleversements nés de l’apparition d’Internet, des applications en tous genres, des journaux gratuits, etc. Le cul entre deux chaises, les journaux se déclinent désormais au pluriel. La pression est devenue immense pour les journalistes, transformés en véritables hommes-orchestres, appelés à s’occuper de tout et de n’importe quoi. Sans en avoir forcément le temps ni parfois les compétences. La faute un peu à une presse, qui cherche désespérément un second souffle, et beaucoup aux grands groupes de presse de ce pays plus préoccupés à servir les intérêts de leurs actionnaires qu’à donner de véritables moyens financiers à leur rédaction pour réaliser un travail irréprochable. Or, la qualité a un prix. Mais, pressés comme des citrons, les rédacteurs(trices) travaillent dans l’urgence et parfois dans le caniveau. La mémoire journalistique et la politesse se meurent. Trois exemples dans le domaine sportifs me viennent à l’esprit pour illustrer mes propos alarmistes:

Premier exemple, le combat entre l’acteur Mickey Rourke (62 ans) et Eliott Seymour, le vendredi 28 novembre à Moscou. Les médias se sont tous fait piéger par ce combat bidon et truqué. Qui n’avait aucune valeur sportive, puisqu’il s’agissait d’une exhibition qu’aucune Fédération n’a reconnue. Il suffisait de consulter le site internet www.boxrec.com – la bible de la boxe – et de quelques clics pour comprendre la supercherie. La preuve: cette défaite ne figure pas au palmarès d’Eliott Seymour (29 ans, 1 victoire, 9 défaites), payé pour se coucher au deuxième round, moyennant un cachet de 15’000 dollars. Mais des journalistes naïfs et béotiens du noble art, ont préféré broder en long et en large sur la victoire pathétique de Mickey Rourke, 62 ans, mèche rebelle, corps émacié, couvert de tatouages et pour tout dire d'une laideur repoussante. Acteur génial dans The Wrestler, qui lui vaudra un Oscar, il est en revanche un bien piètre pugiliste à son âge avancé!

Deuxième exemple, l’affaire Danny Kurmann, coupable d’avoir traité de gonzesse Julien Sprunger, le capitaine du HC Fribourg-Gottéron. Une insulte indigne d’un arbitre international, à peine rabroué par sa hiérarchie. Alors qu’il est pourtant un récidiviste notoire, ce qui a échappé à certains journalistes, qui ont traité le sujet. Il suffisait là encore de consulter les archives pour s’apercevoir qu’en novembre 2009, peu avant les Jeux olympiques de Vancouver, le même Danny Kurmann avait traité de trou du cul Ronnie Rüeger, le gardien du HC Kloten. Avant de s’excuser, sans pour autant encourir la moindre sanction (voir un de mes précédents blogs).

Dernier exemple en date: le traitement infligé récemment par Le Matin Dimanche à Mirka Federer après l’incident qu’elle a provoqué en demi-finale du Masters de tennis à Londres. J’ai eu l’occasion de dire ici tout le mal que je pensais de la femme de Roger. Mais, me semble-t-il, en des termes certes sévères, mais en aucun cas insultants. Or, voici qu’un journaliste, qui n’a aucune légitimité en tennis, ose traiter à deux reprises Mirka de conne dans une chronique incendiaire. Juste pour flatter son ego et faire de l’humour vache à bon marché.

 

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