08/03/2015

Il faut sauver le capitaine Bezina

Genève-Servette ne fait plus la course en tête dans le quart de finale des play-off qui l’oppose à Lugano (2-2 désormais dans la série). Le momentum à changé de camp. Comme en saison régulière, les Aigles aux ailes coupées ont multiplié les erreurs et les approximations défensives au point de subir une déculottée mémorable (2-7), samedi aux Vernets. Et suscité aussi l’ire de Chris McSorley assortie d'une pénalité de banc en toute fin de match. Une simple péripétie en comparaison de la lame de fond qui menace d’emporter Goran Bezina, dégoûté par la conduite déloyale de son entraîneur, vers d’autres horizons.

Depuis deux ans, Chris McSorley n’a de cesse de vouloir rompre le contrat de son capitaine, qui court jusqu’à la fin de la saison 2015-2016, avec la possibilité pour le joueur seul de le dénoncer avant la fin du mois prochain. Avant même le début de l’exercice 2013-2014, Chris McSorley remettait déjà en question le statut de Bezina. «Je souhaite me séparer de Goran, qu’en penses-tu?», m’avait-il demandé en aparté. J’avais alors crié au loup, sachant la fragilité de l’arrière-garde de Genève-Servette après les départs de Gian-Andrea Randegger et Gautschi et le manque d’expérience en LNA des nouveaux arrivés. Après avoir abandonné ce projet fou – rassurez-vous, je n’ai pas la prétention d’avoir influencé d’une quelconque manière le jugement de l’entraîneur-manager-actionnaire – Chris McSorley remettait le couvert cette saison. Il obligeait Bezina à se reconvertir en attaquant de fortune, au prétexte – ne riez pas! – qu’il ne faisait plus l’affaire en défense.

Cette affaire dénote encore une fois l’absence de loyauté, de franchise et de reconnaissance de Chris McSorley à l’égard de quelques joueurs tombés en disgrâce aux Vernets. On veut parler de Brasey, Bobillier, Valeri Chiriaïev, Lehoux, Crameri, à qui Genève-Servette a versé un demi-million de francs pour rupture abrupte de contrat, Pont, Déruns – expédiés l’un à Ambri-Piotta, l’autre à Berne moyennant espèces sonnantes et trébuchantes –, Fedulov, Mona, Gobbi, Kamerzin et la liste ne se veut pas exhaustive. Sans oublier la colère sourde qui l’envahit, lorsque des membres de la grande famille grenat lui font l’affront de quitter Genève-Servette. Du jour au lendemain, ils deviennent des parias. Rubin, Walsky et Dan Fritsche, notamment, ont été cloués au pilori après l’annonce de leur départ sous des cieux apparemment plus cléments.

Le dernier exemple en date, on veut parler de Simek qui en avait ras-le-bol de la gestion en forme de yo-yo (dixit le joueur) de Chris McSorley – «Avec lui, t’es bon deux semaines, mauvais les trois suivantes et ainsi de suite», a-t-il confié au site internet www.hockeyfans.com  – a suscité l’amertume du boss des Vernets: «Juraj ne pourra dévoiler aucun secret de notre système de jeu à son nouvel entraîneur (ndlr: Patrick Fischer, Lugano), car il ne l’a jamais compris», a-t-il déclaré en substance dans les médias.

Cette petite phrase assassine – à replacer certes dans le contexte de la guerre des nerfs des play-off – ne grandit pourtant pas l’honneur perdu de Chris McSorley. Il lui reste maintenant à assumer la responsabilité pleine et entière du futur départ de Bezina qui, lui, souhaiterait terminer son mandat, sinon sa carrière, aux Vernets. «Je sais, m’a dit Chris, que tous les supporters de Genève-Servette me reprocheront cette décision, mais j’assume…» Les spectateurs ont déjà commencé à manifester leur attachement indéfectible à ce joueur emblématique, lors de l’acte II de la série en cours contre Lugano, en brandissant des calicots sur lesquels étaient tout simplement inscrits: No 57.

Entendons-nous bien! Que Chris McSorley veuille faire l’économie d’un gros salaire la saison prochaine, c’est son droit! Mais qu’il s’acquitte au moins de cette mission avec élégance au regard des services rendus par son capitaine. Est-ce encore trop lui demander?

 

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Commentaires

c'est en tous cas pas très malin de se mettre définitivement à dos ces joueurs si l'on observe la vitesse de rotation entre les clubs.

Écrit par : PIerre Jenni | 08/03/2015

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