30/03/2015

Les limites de Chris McSorley

Genève-Servette peut-il un jour devenir champion de Suisse? La réponse est oui, sans aucune hésitation. Chris McSorley peut-il être l’inspirateur de cette consécration? Joker, joker et encore joker! Ce verdict (presque) sans appel mérite explications. En regard de leur implication, de leur foi et de l’incertitude qui plane sur la longévité de leur carrière à Genève, les joueurs mériteraient de brandir, ne serait-ce qu’une fois dans l’histoire du club, l’horrible trophée décerné par la Ligue nationale. Pour adresser un pied de nez à leur mentor.

En revanche, pas sûr que Chris McSorley soit the right man at the right place. Sa gestion alambiquée de l’équipe, ses perpétuels conflits avec le corps arbitral et le juge unique cernent parfois les limites d’un exercice de haute voltige. Jongler avec les contrats des joueurs, sans aucun respect pour la signature apposée au bas de la convention qui lie les deux parties, génère aussi des frustrations et des incertitudes propres à déstabiliser le vestiaire. Encore sous contrat la saison prochaine, plusieurs joueurs sont priés d’aller chercher (bonne) fortune ailleurs. Contraints et forcés!

Vous l’avez compris, c’est la loi de la jungle qui prédomine aux Vernets – sur d’autres places fortes du hockey suisse aussi certes – celle importée en Suisse par les Nord-Américains pour qui la parole donnée n’a que peu de valeur. Avec parfois des revers de fortune, comme en témoignent les cas de Gian-Marco Crameri et de Gianluca Mona, qui ont gagné leur bras de fer avec Chris McSorley. La politique de l’entraîneur-manager-actionnaire de Genève-Servette est aussi transparente que l’eau cristalline. Pour s’attacher les bonnes grâces d’un joueur, il lui signe une entente de deux ans minimum qu’il rend caduque avant son terme.

Dans une interview surréaliste accordée au Matin, Chris McSorley joue les faux-culs quand il évoque le cas Bezina. «Goran a toujours été droit et correct avec moi – l’inverse n’est hélas pas vrai – et, s’il le souhaite, il peut rester à Genève-Servette la saison prochaine, même s’il sait qu’il aura un rôle moins important à jouer que par le passé…» Le coach lui préfère Christian Marti et Eliot Antonietti, dont on ne saurait nier les progrès, mais qui n’ont encore aucune influence sur le jeu des Grenat. Mais, au fond, peut-on s’attendre à un discours cohérent du plus grand entraîneur du monde qui a découvert, cette saison seulement, que le hockey moderne se jouait non plus dans l’horizontalité, mais dans la verticalité. Si, si!

La saison prochaine, Genève-Servette va donc promouvoir sa génération biberon, à savoir Gauthier Descloux, Joey Dupertuis ( ?), Floran Douay et Auguste Impose. Outre le talent qu’on leur reconnaît, ils ont l’immense avantage de coûter des peanuts par rapport à des joueurs plus expérimentés, tels Roland Gerber ou Arnaud Jacquemet, pour ne citer que ceux-là. En revanche, Matthew Lombardi, défrayé à prix d’or et transparent quand il n’était pas blessé, portera toujours le chandail grenat lors de l’exercice 2015-2016. Risible!

 

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25/03/2015

L'image écornée de Genève-Servette

En l’espace de nonante six heures, l’image de Genève-Servette dans son entité pleine et entière a été horriblement écornée. On veut parler d’abord de cette fessée mémorable (0-8) – la plus sévère enregistrée sous l’ère de Chris McSorley depuis 2003 –, de cette déculottée, de cette gifle, de cette raclée, de cette rouste, de cette branlée, de cette volée, de cette dérouillée, de cette pliée (cochez la définition qui sied le mieux!) face aux  ZSC Lions , lors de l’acte IV de la demi-finale des play-off.

Bien sûr, on ne va pas accabler plus que de raison Genève-Servette, privé après dix secondes de jeu déjà d’Alexandre Picard qui, après Matthew Lombardi, Chris Rivera,Taylor Pyatt et désormais Noah Rod, souffre d’une commotion cérébrale – qu’attend donc le corps arbitral pour faire cesser ce massacre? – et sera éloigné des patinoires jusqu’à la fin de la série en cours. Les Grenat ont aussi payé un lourd tribut à la gastro-entérite qui court dans le vestiaire grenat depuis plusieurs jours et qui a touché une douzaine de joueurs.

Avec un effectif réduit désormais à sa portion congrue ­– en raison de l’absence conjuguée de Christian Marti, Paul Ranger (saison terminée pour les deux), Taylor Pyatt, Matthew Lombardi, Alexandre Picard et Chris Rivera sans oublier Auguste Impose sélectionné avec l’équipe nationale des M18 –, Genève-Servette pourrait bien se retrouver en vacances plus tôt que prévu. A moins d’un nouveau mais improbable sursaut d’orgueil…

Quarante-huit heures avant de boire le calice jusqu’à la lie, Genève-Servette ne s’était pas couvert de gloire non plus au Mémorial Marc Leuenberger à St-Imier, un tournoi Piccolos (9-10 ans), qui réunissait un plateau de haut-vol avec la présence notamment de Bienne, Berne, Langnau, Ambri-Piotta et Davos. Un fait connu du responsable technique du Mouvement juniors, qui n’a pourtant pas hésité à expédier au casse-pipe une équipe loin, très loin d'atteindre les standards d’un tel événement. Résultat des courses: neuf matches, autant de défaites, plus de 130 buts encaissés, trois goals marqués seulement, des joueurs en pleurs, des blessés, une grosse colère des parents et une très mauvaise publicité pour Genève-Servette.

Cet épisode peu glorieux met directement en cause la formation de la relève de Genève-Servette. Si Genève Futur Hockey dispense un enseignement haut de gamme, en puisant certes dans le réservoir des espoirs des autres clubs romands (Desloux, Dupertuis, Rod, Impose notamment), on ne peut pas en dire autant du Mouvement juniors, négligeant dans l’instruction de base jusqu’à péjorer le développement de ses enfants et adolescents. Comme en témoigne le rapport accablant des responsables de la sélection Genève-Fribourg des M14, qui reproche aux joueurs de Genève-Servette un manque de concentration, d’autodiscipline et surtout de motivation personnelle. Rien que ça! Il est donc urgent d’agir pour corriger cette désagréable impression de laisser-aller.

 

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08/03/2015

Il faut sauver le capitaine Bezina

Genève-Servette ne fait plus la course en tête dans le quart de finale des play-off qui l’oppose à Lugano (2-2 désormais dans la série). Le momentum à changé de camp. Comme en saison régulière, les Aigles aux ailes coupées ont multiplié les erreurs et les approximations défensives au point de subir une déculottée mémorable (2-7), samedi aux Vernets. Et suscité aussi l’ire de Chris McSorley assortie d'une pénalité de banc en toute fin de match. Une simple péripétie en comparaison de la lame de fond qui menace d’emporter Goran Bezina, dégoûté par la conduite déloyale de son entraîneur, vers d’autres horizons.

Depuis deux ans, Chris McSorley n’a de cesse de vouloir rompre le contrat de son capitaine, qui court jusqu’à la fin de la saison 2015-2016, avec la possibilité pour le joueur seul de le dénoncer avant la fin du mois prochain. Avant même le début de l’exercice 2013-2014, Chris McSorley remettait déjà en question le statut de Bezina. «Je souhaite me séparer de Goran, qu’en penses-tu?», m’avait-il demandé en aparté. J’avais alors crié au loup, sachant la fragilité de l’arrière-garde de Genève-Servette après les départs de Gian-Andrea Randegger et Gautschi et le manque d’expérience en LNA des nouveaux arrivés. Après avoir abandonné ce projet fou – rassurez-vous, je n’ai pas la prétention d’avoir influencé d’une quelconque manière le jugement de l’entraîneur-manager-actionnaire – Chris McSorley remettait le couvert cette saison. Il obligeait Bezina à se reconvertir en attaquant de fortune, au prétexte – ne riez pas! – qu’il ne faisait plus l’affaire en défense.

Cette affaire dénote encore une fois l’absence de loyauté, de franchise et de reconnaissance de Chris McSorley à l’égard de quelques joueurs tombés en disgrâce aux Vernets. On veut parler de Brasey, Bobillier, Valeri Chiriaïev, Lehoux, Crameri, à qui Genève-Servette a versé un demi-million de francs pour rupture abrupte de contrat, Pont, Déruns – expédiés l’un à Ambri-Piotta, l’autre à Berne moyennant espèces sonnantes et trébuchantes –, Fedulov, Mona, Gobbi, Kamerzin et la liste ne se veut pas exhaustive. Sans oublier la colère sourde qui l’envahit, lorsque des membres de la grande famille grenat lui font l’affront de quitter Genève-Servette. Du jour au lendemain, ils deviennent des parias. Rubin, Walsky et Dan Fritsche, notamment, ont été cloués au pilori après l’annonce de leur départ sous des cieux apparemment plus cléments.

Le dernier exemple en date, on veut parler de Simek qui en avait ras-le-bol de la gestion en forme de yo-yo (dixit le joueur) de Chris McSorley – «Avec lui, t’es bon deux semaines, mauvais les trois suivantes et ainsi de suite», a-t-il confié au site internet www.hockeyfans.com  – a suscité l’amertume du boss des Vernets: «Juraj ne pourra dévoiler aucun secret de notre système de jeu à son nouvel entraîneur (ndlr: Patrick Fischer, Lugano), car il ne l’a jamais compris», a-t-il déclaré en substance dans les médias.

Cette petite phrase assassine – à replacer certes dans le contexte de la guerre des nerfs des play-off – ne grandit pourtant pas l’honneur perdu de Chris McSorley. Il lui reste maintenant à assumer la responsabilité pleine et entière du futur départ de Bezina qui, lui, souhaiterait terminer son mandat, sinon sa carrière, aux Vernets. «Je sais, m’a dit Chris, que tous les supporters de Genève-Servette me reprocheront cette décision, mais j’assume…» Les spectateurs ont déjà commencé à manifester leur attachement indéfectible à ce joueur emblématique, lors de l’acte II de la série en cours contre Lugano, en brandissant des calicots sur lesquels étaient tout simplement inscrits: No 57.

Entendons-nous bien! Que Chris McSorley veuille faire l’économie d’un gros salaire la saison prochaine, c’est son droit! Mais qu’il s’acquitte au moins de cette mission avec élégance au regard des services rendus par son capitaine. Est-ce encore trop lui demander?

 

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