14/10/2015

Faites nous rêver!

1998: Mondial de football. 2015: Coupe du monde de rugby. Quel rapport entre ces deux événements organisés à dix-sept ans d’intervalle, nous direz-vous? Tout simplement le parcours de deux entraîneurs français, le premier Aimé Jacquet, le second Philippe Saint-André, brocardés par une partie de la presse hexagonale.

Souvenez-vous: en 1998, les Bleus d’Aimé Jacquet se parent de la couronne mondiale au terme d’un parcours erratique, qui leur avait valu, jusqu’à la finale de rêve face au Brésil, les bouderies et une exécution en règle du journal L’Equipe, qui stigmatisait alors «une sélection rarement guillerette, avec un seul attaquant de pointe, un milieu de terrain et une défense blindés comme des coffres-forts…» Le quotidien sportif avait défendu une ligne de conduite pure et dure. Elle lui valut l’inimitié à vie du sélectionneur français – «Je ne pardonnerai jamais» – et les foudres de la France profonde, qui ne manqua pas de conspuer les envoyés spéciaux de L’Equipe pendant le Tour de France cycliste qui suivit. Avec, en guise de mea culpa, une remise à plat de la politique éditoriale du quotidien parisien jusqu’au début du XXIe siècle. «Après 1998, on a eu des prudences, des pudeurs, peut-être même des renoncements, qui n’auraient pas été les nôtres précédemment...», reconnut humblement le journal en 2008.

Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, mais l’histoire se répète. Voilà que l’équipe de France de rugby de Philippe Saint-André – la caricature d’Aimé Jacquet – connaît le même sort que sa devancière depuis le coup d’envoi du Mondial de rugby, le mois passé, en Grande-Bretagne. Dans un commentaire caustique, l’ami Pierre-André Bonnot dénonce le vide abyssal du jeu présenté par ses compatriotes jusqu’à parler des champions de l’immonde... au cas où les Coqs deviendraient, sur un immense malentendu, champions du monde.

Plus près de nous, Chris McSorley fut, et est encore, la cible des vrais connaisseurs et amoureux du hockey sur glace, qui bâillent d’ennui à chaque match, ou presque, de Genève-Servette aux Vernets. La faute à qui, la faute à quoi? A son entraîneur, d’abord, plus connu pour sa frilosité et ses coups de gueule, qui volent au-dessus d’un nid de coucou, que pour ses audaces tactiques, exceptés ses fameux coups de pokers souvent gagnants. A un système de jeu, ensuite boudé par une partie du vestiaireque les Grenat balbutient encore dix semaines après la reprise de l’entraînement sur glace. Sans oublier une formule de championnat calquée sur celle de la NHL, qui ne génère qu’une immense lassitude avec son cortège de 50 matches en saison régulière juste pour désigner les huit qualifiés pour les séries finales.

Trois exemples, trois sports différents, mais un même constat à l’arrivée à près de vingt ans d’écart: une forme de désamour pour des entraîneurs, certes sous pression, qui ont enfoui leurs phantasmes de jeunesse au plus profond de leur mémoire pour se muer en froids calculateurs, au lieu de nous faire rêver par procuration. Hans Kossmann a su le faire au temps de sa splendeur à Fribourg-Gottéron, Arno Del Curto ne s’en prive pas avec Davos, tout comme les ZSC Lions et Berne, à l’occasion.

PS: à propos de Genève-Servette, on ne serait pas étonné si Chris McSorley se séparait de Mayer pour le placer dans un club suisse ou européen et confier les clés de la cage des Grenat à Descloux et Bays.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Faites nous rêver!

 

1998: Mondial de football. 2015: Coupe du monde de rugby. Quel rapport entre ces deux événements organisés à dix-sept ans d’intervalle, nous direz-vous? Tout simplement le parcours de deux entraîneurs français, le premier Aimé Jacquet, le second Philippe Saint-André, brocardés par une partie de la presse hexagonale.

 

Souvenez-vous: en 1998, les Bleus d’Aimé Jacquet se parent de la couronne mondiale au terme d’un parcours erratique, qui leur avait valu, jusqu’à la finale de rêve face au Brésil, les bouderies et une exécution en règle du journal L’Equipe, qui stigmatisait alors «une sélection rarement guillerette, avec un seul attaquant de pointe, un milieu de terrain et une défense blindés comme des coffres-forts…» Le quotidien sportif avait défendu une ligne de conduite pure et dure. Qui lui valut ensuite l’inimitié à vie du sélectionneur français – «Je ne pardonnerai jamais» – et les foudres de la France profonde, qui ne manqua pas de conspuer les envoyés spéciaux de L’Equipe pendant le Tour de France cycliste qui suivit. Avec, en guise de mea culpa, une remise à plat de sa politique éditoriale jusqu’au début du XXIe siècle. «Après 1998, on a eu des prudences, des pudeurs, peut-être même des renoncements, qui n’auraient pas été les nôtres précédemment...», reconnut humblement le journal en 2008.

 

Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, mais l’histoire se répète. Voilà que l’équipe de France de rugby de Philippe Saint-André – la caricature d’Aimé Jacquet – connaît le même sort que sa devancière depuis le coup d’envoi du Mondial de rugby, le mois passé, en Grande-Bretagne. Dans un commentaire caustique, l’ami Pierre-André Bonnot, dans la foulée de son compère Vincent Duluc en 1998, dénonce le vide abyssal du jeu présenté par ses compatriotes jusqu’à parler des champions de l’immonde... au cas où les Coqs deviendraient, sur un immense malentendu, champions du monde.

 

Plus près de nous, Chris McSorley fut, et est encore, la cibledes vrais connaisseurs et amoureux du hockey sur glace, qui bâillent d’ennui à chaque match, ou presque, de Genève-Servette aux Vernets. La faute à qui, la faute à quoi? A son entraîneur, d’abord, plus connu pour sa frilosité et ses coups de gueule, qui volent au-dessus d’un nid de coucou, que pour ses audaces tactiques, exceptés ses fameux coups de pokers souvent gagnants. A un système de jeu, ensuite boudé par une partie du vestiaireque les Grenat ne le maîtrisent toujours pas dix semaines après la reprise de l’entraînement sur glace. Sans oublier une formule de championnat calquée sur celle de la NHL, qui ne génère qu’une immense lassitude avec son cortège de 50 matches en saison régulière juste pour désigner les huit qualifiés pour les séries finales.

 

Trois exemples, trois sports différents, mais un même constat à l’arrivée à près de vingt ans d’écart: un profond désamour pour des entraîneurs, certes sous pression, qui ont enfoui leurs phantasmes de jeunesse au plus profond de leur mémoire pour se muer en froids calculateurs, au lieu de nous faire rêver par procuration. Hans Kossmann a su le faire au temps de sa splendeur à Fribourg-Gottéron, Arno Del Curto ne s’en prive pas avec Davos, tout comme les ZSC Lions et Berne, à l’occasion.

 

PS: à propos de Genève-Servette, on ne serait pas étonné si Chris McSorley se séparait de Mayer pour le placer dans un club suisse ou européen et donner les clés de la cage des Grenat à Descloux et Bays.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

16:56 | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Commentaires

On ne doit pas voir les mêmes matchs. Contre Berne et contre toutes les bonnes équipes, Genève offre un beau spectacle.
On peut ne pas aimer les manières de Mac Sorley, mais il fait de ses joueurs des stars, il leur donne envie. Un seul exemple. Stephan. Depuis qu'il est parti à Zug on n'entend plus même son nom lors des matchs. A tel point que je me suis demandé s'il jouait encore.

Écrit par : Pierre Jenni | 15/10/2015

Les commentaires sont fermés.