23/10/2015

Hugh Quennec, l'empereur grenat

Dans une vie antérieure, Hugh Quennec a dû exercer la profession de chapelier. Rapport à toutes les casquettes qu’il coiffe dans le petit monde du hockey sur glace genevois, on veut dire président du Genève-Servette HC, du Mouvement junior éponyme et de Genève Futur. Trois entités différentes certes, mais toutes appelées à assurer le rayonnement du sport No 1 en Ville et dans le Canton.

Faut-il parler d’omnipotence en la circonstance? Oui, bien sûr! Preuve No 1: le démarrage poussif de Genève Futur en 2006, censé réunir les forces vives du canton, s’est toujours heurté à la résistance du CP Meyrin et à celle du Mouvement juniors de Genève-Servette avant que ce dernier ne rejoigne la grande famille au moment où Hugh Quennec a cessé de régner en maître et seigneur à la tête de cette Association. Le tout, sous la pression des autorités sportives et politiques.

Preuve No 2: trois mois après l’OPA lancée par le même Hugh Quennec sur le Mouvement juniors en juin dernier, le comité a démissionné en bloc. Au motif que le nouveau président ne respectait pas les statuts de l'Association et que Genève Futur interférait sans scrupule dans ses affaires. Jugez plutôt: «M. Hugh Quennec imposait ses points de vue au comité, explique les démissionnaires, en faisant fi des discussions et des décisions unanimement votées. Plusieurs décisions importantes ont été prises par le seul président en opposition avec les autres membres du comité. Dès lors que notre rôle ne consistait plus qu’à se soumettre aux décisions du président et aux directives des employés de Genève Futur, nous n’avions plus d’autre choix que de nous retirer. Le mandat qui nous a été confié par l’assemblée générale ne pouvait légitimement plus être respecté.»

Depuis son intronisation à la tête de Genève-Servette HC, puis du Servette FC, avec les conséquences funestes que l’on sait dans ce dernier cas, Hugh Quennec a superbement ignoré les us et coutumes de la vie associative et politique genevoise. Il a construit son «empire grenat» en quémandant des subventions publiques, qu’il n’a pas toujours gérées en toute transparence, et sur une volonté machiavélique d’imposer son point de vue envers et contre tous!

Cette toute puissance exercée dans la plus totale opacité masque pourtant quelques projets dignes d’intérêt. La gestion de toutes les forces vives de Genève-Servette (première équipe, mouvement juniors et Genève Futur) aux mains d’une seule personne n’appellerait aucune critique de notre part pour autant qu’elle s’exerçât en tout transparence et dans les règles de l’art. On veut dire le respect des décisions prises au sein d’un comité.

La venue providentielle d’Alain Reymond et de Joël Aeschlimann, deux anciens joueurs de Genève-Servette, au sein du futur nouveau comité du Mouvement juniors – élu à fin novembre au cours d’une Assemblée générale extraordinaire – pourrait changer la donne. Car l’arrivée du trader de la Banque Syz et du responsable du sponsoring sportif chez Rolex, qui ne se contenteront pas de jouer les potiches, crédibilise le programme de législature ambitieux de Hugh Quennec. Qui a pour principal objectif d’améliorer – il était temps – la formation des tout jeunes juniors de Genève-Servette.

Alors oui, si la mini crise que le Mouvement juniors vient de vivre débouchait sur une rédemption, elle n’aurait peut-être pas été inutile…

 

 

 

11:56 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.