20/12/2015

Hugh Quennec persiste et signe

Après la relégation administrative du Servette FC, dont il porte l’entière et unique responsabilité, et la démission en bloc du comité du Mouvement juniors du Genève-Servette pour manifester sa mauvaise humeur envers l’omnipotent personnage, on pensait avoir définitivement refermé le volumineux dossier d’Hugh Quennec en 2015. N’avait-il pas fait son mea culpa dans une interview à la Tribune de Genève (11.12.2015) en des termes sans équivoque.

«Cette aventure – ndlr: celle du Servette FC – était particulièrement compliquée et lourde de conséquences pour beaucoup de personnes, même si de nombreuses bonnes choses ont été accomplies. Je me suis forcément remis en question, au niveau personnel et professionnel. Cette période de réflexion continue et cela me donne encore plus envie de rechercher l’excellence dans mes autres activités et dans ma vie privée. Je reste ambitieux et idéaliste, même s’il est vrai que ce n’est pas toujours évident. Je suis un homme avec ses faiblesses qu’il faut savoir atténuer, notamment en s’entourant de personnes complémentaires et de confiance.»

Paroles en l’air! La preuve, Hugh Quennec est rattrapé par une nouvelle affaire: on veut parler de celle concernant le Lausanne Hockey Club dont il est l’actionnaire majoritaire. Pour pérenniser l’avenir du club vaudois, il faudrait injecter de 6 à 8 millions de francs. Problème: Quennec ne veut pas – ou ne peut pas – investir une telle somme. De nouveaux actionnaires sont prêts à se substituer à lui. Sauf que le Québécois entend, quoi qu’il arrive, conserver 51% du capital. Le Conseil administration du LHC lui a donc lancé un ultimatum, qui expire le 31 janvier 2016, pour prendre en compte ses doléances. Passé ce délai, il quittera le navire.

Ce cas d’école rappelle étrangement quelques fameux antécédents qui collent à la personne de Quennec. A Genève-Servette d'abord avec le départ en cours de route de quelques membres du conseil d’administration, qui ne voulaient plus cautionner la politique du club grenat. A Genève Futur ensuite, dont le CP Meyrin appuyé par les autorités politiques du cru dans sa démarche, a toujours refusé de rejoindre les rangs, car Quennec, initiateur du projet, n’entendait partager la direction de l’Association avec personne d’autre que lui. Rebelote cette année avec le Mouvement juniors du GSHC, une affaire dont on a abondement parlé dans un précédent blog.

En résumé, Quennec abîme tout ce qu’il touche. Pourquoi? Par appétit du pouvoir qu’il entend exercer sans partage, envers et contre tous. Jusqu’à quand celui-ci, qui a perdu la confiance des autorités politique genevoise après le crash du Servette FC – ennuyeux dans l’épineux dossier de la nouvelle patinoire –, va-t-il encore user de pratiques d’un autre âge en toute impunité? Premier élément de réponse à cette question: la Ligue nationale a promis de sévir pour mettre fin à la double casquette d’investisseur de Quennec à Genève-Servette et au Lausanne HC. La sanction pourrait aller de la simple amende jusqu’au retrait de licence des deux organisations concernées.

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Commentaires

J'aimerais bien comprendre un jour pourquoi on démolit systématiquement tous ceux qui tentent de sauver des équipes de sport avec leur argent.
On les accueille à bras ouverts comme des sauveurs, puis on les enterre sans le moindre scrupule.

Écrit par : PIerre Jenni | 25/12/2015

@ Pierre Jenni : le sport ne doit pas devenir un "jouet pour adultes" mais rester dans son monde et assurer son avenir en restant formateur et ainsi assurer la relève sportive.

Il ne suffit pas d'avoir de l'argent pour décider de tout et surtout fermer la porte à d'autres personnes : souvenez-nous de ce qui s'est passé avec le club de football Servette ...

Écrit par : Marie | 26/12/2015

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