10/01/2016

Les Lorenzinades de Massimo

Vendredi 8 janvier, sur le plateau du Téléjournal, Massimo Lorenzi, tenue savamment négligée, vient commenter les scandales qui ont éclaboussé la Fédération internationale de football (FIFA) et celle d’athlétisme (IAAF) en 2015.

Et le beau Massimo, d’un air de circonstance soigneusement étudié, de nous balancer que si les grandes Fédérations de ce monde sont corrompues, c’est la faute à l’amateurisme de leurs dirigeants, qu’il faudrait remplacer par des professionnels incorruptibles, capables de diriger leur petit monde d’une poigne de fer. Or, à ce que je sache, ni Sepp Blatter ni Lamine Diack, présidents des deux Fédérations incriminées, n’étaient des intermittents du spectacle, mais plutôt des personnalités de haut rang et de haut vol.

Théorie douteuse donc – la probité n’a rien à voir avec le statut, professionnel ou amateur, des dirigeants en place – suivie, dans la foulée, d’une autre Lorenzinade. Voyez plutôt: le chef du service sportif de la RTS, interrogé par la présentatrice du 19.30 sur le rôle, voire les responsabilités, des diffuseurs dans ce monde sportif du tous pourris, répond sans rire en mettant en avant les relations étroites qu’il aurait tissées avec de nombreux sportifs de haut niveau «dont une écrasante majorité d’entre eux, affirme-t-il péremptoire, n'est pas corrompue ou dopée.» On se demande à quelles personnalités il fait référence, lui qui ne sort de sa tour d’ivoire de la RTS que tous les 36 du mois

«Quelles sont les attentes du public de la RTS, se demande ensuite Massimo? Il se dédouane d’entrée de toute responsabilité, histoire de caresser le peuple dans le sens du poil et de se donner bonne conscience. «Les téléspectateurs, explique-t-il, veulent du spectacle et sont prêts parfois à fermer les yeux sur certaines magouilles ou alors à les dénoncer après.» Comme les diffuseurs en somme… Ponce Pilate n’aurait pas mieux parlé.

«Nous ce qu’on doit faire, conclut enfin Massimo, c’est encadrer, expliquer et mettre en perspective…» Comment relever ce défi de l’impossible avec les sous doués qui peuplent la rédaction du service des sports de la RTS, à l’exception de quelques pointures, parmi lesquelles Pascal Droz en tennis. Autant dire qu’on craint le pire. Alors, on zappe sans mauvaise conscience.

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Commentaires

Pour rappel et question professionnalisme en matière de journalisme, la manière dont avaient été commentés les JO de Sotchi avait été relevée sinon dénoncée par nombre de téléspectateurs conscients de l'orientation plus que marquée des propos tenus sur notre RTS.

Compte tenu du fait que la quasi totalité des médias occidentaux affichaient leur amour de la "Russie de Poutine" -pour reprendre cette expression si chère à nombre de journalistes- on ne pouvait peut-être pas attendre mieux de nos compatriotes chargés, comme vous le rappelez selon les termes mêmes de M.L, d'"encadrer, expliquer et mettre en perspective..."

Exemple parmi d'autres...

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/02/03/vladimir-poutine-en-ligne-directe-252579.html

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 10/01/2016

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