17/01/2016

Chris McSorley est trop injuste

On ne changera pas Chris McSorley. Et c’est mieux ainsi, sinon la source de notre blog va très vite se tarir. Le dernier courroux de l’Ontarien n’est pas piqué des vers. Il date de samedi soir après la surprenante défaite de Genève-Servette face à Langnau (3-5), le jour même d’un retour dès potron-minet à Genève.

Songez que les Aigles sont rentrés dans leurs foyers à 6 heures du matin après 900 km de trajet en car (Genève-Davos aller retour) et que quatorze heures plus tard seulement, ils griffaient à nouveau la glace. Mais Chris McSorley n’en a cure. «Mes joueurs ne peuvent en aucun cas avancer cette excuse pour expliquer cette défaite, affirme-t-il au Matin Dimanche. Ils n’ont pas suivi le plan mise en place…» Sous entendu pour reprendre le langage coloré de l’entraîneur canadien: «Ils ont fucké le système de jeu.» Allez savoir pourquoi?

Plutôt que d’accabler injustement ses joueurs, Chris McSorley ferait mieux de combattre le calendrier débile – ne serait-il pas plus intelligent de programmer les matches de Genève-Servette à Davos et à Lugano les mardis soirs? – qu’un rond-de-cuir de la Ligue nationale a concocté au chaud dans son bureau. Parce que si trois buts sur cinq, encaissés sur de grossières erreurs individuelles, ne sont pas, aux yeux du coach, la conséquence de la fatigue et de sautes de concentration, alors Genève-Servette ne mérite pas de figurer dans le top 3 du championnat de LNA.

Enfin, on ne pardonnera pas à Chris McSorley d’interdire à Chris Rivera et Alexandre Picard, d’évoluer avec leur nouveau club (Fribourg et Davos en l’occurrence) aux Vernets jusqu’à la fin de la saison régulière. Cet accord ne s’appuie sur aucune base légale et constitue une double peine infligée aux supporters grenat, privés de revoir à l’œuvre deux anciens joueurs, qu’ils adulaient. Et qui étaient, rappelons-le, devenus indésirables à Genève-Servette.

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10/01/2016

Les Lorenzinades de Massimo

Vendredi 8 janvier, sur le plateau du Téléjournal, Massimo Lorenzi, tenue savamment négligée, vient commenter les scandales qui ont éclaboussé la Fédération internationale de football (FIFA) et celle d’athlétisme (IAAF) en 2015.

Et le beau Massimo, d’un air de circonstance soigneusement étudié, de nous balancer que si les grandes Fédérations de ce monde sont corrompues, c’est la faute à l’amateurisme de leurs dirigeants, qu’il faudrait remplacer par des professionnels incorruptibles, capables de diriger leur petit monde d’une poigne de fer. Or, à ce que je sache, ni Sepp Blatter ni Lamine Diack, présidents des deux Fédérations incriminées, n’étaient des intermittents du spectacle, mais plutôt des personnalités de haut rang et de haut vol.

Théorie douteuse donc – la probité n’a rien à voir avec le statut, professionnel ou amateur, des dirigeants en place – suivie, dans la foulée, d’une autre Lorenzinade. Voyez plutôt: le chef du service sportif de la RTS, interrogé par la présentatrice du 19.30 sur le rôle, voire les responsabilités, des diffuseurs dans ce monde sportif du tous pourris, répond sans rire en mettant en avant les relations étroites qu’il aurait tissées avec de nombreux sportifs de haut niveau «dont une écrasante majorité d’entre eux, affirme-t-il péremptoire, n'est pas corrompue ou dopée.» On se demande à quelles personnalités il fait référence, lui qui ne sort de sa tour d’ivoire de la RTS que tous les 36 du mois

«Quelles sont les attentes du public de la RTS, se demande ensuite Massimo? Il se dédouane d’entrée de toute responsabilité, histoire de caresser le peuple dans le sens du poil et de se donner bonne conscience. «Les téléspectateurs, explique-t-il, veulent du spectacle et sont prêts parfois à fermer les yeux sur certaines magouilles ou alors à les dénoncer après.» Comme les diffuseurs en somme… Ponce Pilate n’aurait pas mieux parlé.

«Nous ce qu’on doit faire, conclut enfin Massimo, c’est encadrer, expliquer et mettre en perspective…» Comment relever ce défi de l’impossible avec les sous doués qui peuplent la rédaction du service des sports de la RTS, à l’exception de quelques pointures, parmi lesquelles Pascal Droz en tennis. Autant dire qu’on craint le pire. Alors, on zappe sans mauvaise conscience.

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06/01/2016

De Jürg Stäubli à Hugues Quennec

S’il fallait décerner le prix du président le plus décrié de l’année 2015 en Suisse, il irait sans l’ombre d’un doute à Hugues Quennec pour l’ensemble de ses basses œuvres. Même le forum de Genève-Servette (www.1905.ch), pourtant dégoulinant d’allégeance à tout ce qui touche de près ou de loin au club grenat, a enfin ouvert les yeux – il n’est jamais trop tard – sur la politique opaque du Canadien et ses dégâts collatéraux. Jusqu’à lui conseiller, en des termes diplomatiques choisis il va sans dire, de plier bagage et de faire place nette. A croire que l’opération Quennec dégage menée par les supporters du Lausanne HC, échaudés d’apprendre que le club si cher à leur cœur était détenu par qui vous savez, commence à faire des émules à Genève.

Et la nouvelle révélée par la Neue Zürcher Zeitung sur le futur désengagement financier – pas seulement au GSHC mais aussi dans le tournoi ATP de Genève – du mécène russo-finlandais Gennady Timchenko, ne va apaiser les esprits. Car ce sont entre deux et trois millions de francs qui vont manquer à la trésorerie de Genève-Servette. Une somme rondelette qu’Hugues Quennec prenait soin de cacher à la population, quand il minaudait de sa petite voix angélique que son club s'appuyait sur l’un des plus petits budgets de la LNA. De quoi faire pleurer dans les chaumières genevoises!

Vers quel homme providentiel se tournera désormais le président de Genève-Servette pour équilibrer son budget? Un Russe? Un compatriote canadien? Toutes les pistes sont désormais ouvertes. Se pose aussi le problème du financement de la future patinoire – un rêve chimérique par les temps qui courent –, sachant que les caisses du Canton et de la Ville sont vides. Et qu’Hugues Quennec ne jouit plus d’aucun crédit auprès des autorités politiques genevoises. Surtout après ses démêlés actuels et ce n'est pas terminé! avec le conseil d’administration du Lausanne HC, dont il est le propriétaire. Sans oublier, l’année passée, la relégation administrative du Servette FC.

Si l’on osait, on comparerait volontiers la trajectoire mortifère de Huques Quennec à celles tout aussi controversées de Marc Roger, fossoyeur du Servette FC en 2004, et de Jürg Stäubli, qui a laissé Genève-Servette exsangue après son départ brutal de la présidence en 1999. Sauf que, soyons magnanimes, le Canadien est plus fréquentable que le Tartarin d’Alès et que le promoteur musclé suisse alémanique, condamné, rappelons-le, à 23 mois de prison au début des années 2000, pour gestion déloyale et faux. Depuis, c’est vrai, il s’est racheté une bonne conduite.

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