25/10/2016

Hugh Quennec sous pression

Genève-Servette a la gueule de bois. Certes, il paye un lourd tribut à une cascade de blessures, mais la malchance invoquée par Chris McSorley constitue une excuse à moitié recevable. Si l’infirmerie des Vernets affiche complet, c’est la conséquence peut-être d’un style de jeu très (trop?) physique. Le cas Almond en est la parfaite illustration. Le Canado-Suisse n’a joué que seize matches depuis le début de la saison 2015-2016 en raison de blessures à répétition.

Chris McSorley récolte aussi les fruits d’une campagne des transferts transparente et d’une folle imprévoyance en défense. Avec cinq arrières de métier seulement et des jeunots en manque d’expérience dans son contingent au début de la saison, l’entraîneur canadien a dû très vite se résoudre à faire appel en catastrophe à des attaquants (Jacquemet, Kast et même Almond) et à un mercenaire pour pallier les absences de ses défenseurs. Avec les funestes conséquences que l’on sait.

Mais on va se garder de tirer à vue sur Chris McSorley pour concentrer nos flèches sur Hugh Quennec, un président toujours aussi controversé. A l’interne comme à l’externe. On n’a pu s’empêcher de se délecter de l’article paru il y a dix jours dans la Tribune de Genève. Et surtout s’un paragraphe corrosif, mais tellement d’actualité, qui cerne au mieux le personnage. Voyez plutôt: «Ce week-end, on a beaucoup plus vu le président que les joueurs. Ce n’est jamais bon signe, diront certains. Il a même joué les chefs de presse de service en l’absence du titulaire. A force de répéter que Genève est unique, Quennec va jusqu’à le prouver par l’absurde. Dans quelle autre organisation de LNA le président se pointe-t-il en conférence de presse pour y donner les nouvelles de l’effectif? Dans quel autre club se félicite-t-on d’inviter un conseiller national pour qu’il s’humilie en massacrant le «Cé què Lainô»? Dans quel autre club a-t-on besoin d’engager de clowns pour gonfler des ballons pour mieux séduire les familles?»

Vous l’imaginez, ces lignes ont provoqué l’ire de Hugh Quennec, qui a crié au complot intérieur. Un complot, mais quel complot? Dans la foulée, la Tribune de Genève – mais on va le faire à sa place – aurait aussi pu railler la lettre hebdomadaire signée du président qui paraît sur le site internet de Genève-Servette. Une addition de phrases creuses et de nouvelles sans aucun intérêt rédigées par son chef de presse personnel. Histoire peut-être pour Hugh Quennec d’exister ("Se servir et paraître") et de corriger une image écornée depuis l’arrivée d’un aréopage de Canadiens parachuté de Vancouver – pas toujours au fait des spécificités du hockey suisse – et le départ précipité et imprévu du CEO Christophe Stücki.

Décidément, le président du GSHC a l’art de s’entourer de personnages de prime abord angéliques, mais très vite décriés, comme au Servette FC où il avait confié les clés de la maison grenat à Pascal Zuberbühler avec au final, le crash sportif que l’on sait. Sans parler de la déroute financière. Hélas, quand Hugh Quennec se met en tête de faire une révolution de palais, ça tourne en général au fiasco.

La conquête du titre de champion de Suisse et le dossier de la nouvelle patinoire sont les deux principaux piliers sur lesquels repose la nouvelle politique du président. De doux rêves à l’heure actuelle! Car le Genève-Servette, cuvée 2016-2017, ne vaut pas mieux que celle de la saison précédente. A l’époque, les dirigeants ont eu beau fanfaronner que leur équipe avait presque touché le Graal, on leur rappellera à toutes fins utiles que l’aventure s’est terminée au stade des demi-finales déjà. Quant à la nouvelle arena, ce n’est pas en faisant des courbettes aux gens de Vancouver qu’elle sortira de terre comme par magie. Pour l’instant elle reste un mirage au milieu du désert.

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