11/11/2016

Que faire de Hugh Quennec?

Il fut un temps où les présidents de Genève-Servette étaient élus par le bon peuple, on veut dire ses membres. Cette époque est désormais révolue depuis l’avènement du professionnalisme et de la reconversion logique des clubs en sociétés anonymes. Mais si on pouvait revenir en arrière juste un instant, gageons que Hugh Quennec ne serait pas forcément plébiscité. Car si l’argent contribue au bonheur, il peut aussi abîmer les âmes.

Quand Chris McSorley était encore copropriétaire du Genève-Servette HC, il pouvait exercer - ne serait-ce qu’à distance - un contrôle sur les pratiques de Hugh Quennec, et, au besoin, lui rabaisser son caquet. Maintenant que l’Ontarien a vendu son paquet d’actions à son ex-associé, il doit faire le gros dos et supporter l’humeur d’un président autoritaire et ingérable. Il ne se passe pas une semaine sans que nous soient rapportés des actes vexatoires de Hugh Quennec à l’égard de ses employés. Sous de faux airs de gendre idéal - au point que ceux qui ne le pratiquent pas lui donneraient le Bon Dieu sans confession - se cache au contraire un animal à sang-froid.

Alors que faire de Hugh Quennec? Comme les supporters en colère du Lausanne HC le suggéraient l’année passée au moment du conflit qui opposait son bienfaiteur d’un jour au comité du club vaudois, peut-être vaudrait-il mieux qu’il fasse place nette, afin que Genève-Servette ne revive pas le même calvaire que le Servette FC, dirigé par qui vous savez à l’époque. Or la situation des deux clubs grenat présente d’étranges similitudes. A l’époque Hugh Quennec, accueilli en sauveur, avait confié les clés de la maison à des Gallois, plein de bonne volonté, mais parachutés sur une autre planète. Rebelote avec Genève-Servette où sont arrivés cet été d’anciens dirigeants de Vancouver, précédés d’une réputation controversable. Certes, ils ont aidé les Canucks a gagné la Coupe Stanley, mais avec ce bémol d’importance: ils ont profité du travail de leurs prédécesseurs avant que la franchise de NHL ne pique du nez.

Est-ce ces Messieurs qui ont soufflé la (mauvaise) idée à Hugh Quennec de s’exprimer chaque semaine sur le site internet du club? Plus les semaines passent, plus on se délecte des écrits du président, qui sont moqués jusque dans les rangs ses spectateurs, toujours moins nombreux aux Vernets. Parler pour ne rien dire, telle est la devise du patron. Comme en témoigne ce passage du message présidentiel délivré le 5 novembre à propos de la future ou ex-patinoire du Trèfle Blanc:

«Plus qu’une simple patinoire, nous voulons offrir à nos fans, aux supporters et à tous les Genevois un lieu unique pour vivre et partager des émotions sportives dans les meilleures conditions possibles en tenant compte de notre identité. Pour cela, nous nous sommes entourés d’experts qui disposent d’un savoir-faire et d’une expérience indispensables pour mener à bien un projet de cette ampleur.»

Pourquoi ces précisions grandiloquentes et superfétatoires: Hugh Quennec pensait-il confier le projet à un artisan boucher, un médecin, un musicien ou, à qui sais-je encore?

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