19/11/2017

GSHC: la cote d'alerte

Après une courte et trompeuse embellie, Genève-Servette est de retour sous la barre au classement du championnat de LNA (National League). L’encéphalogramme des Aigles déplumés est presque plat. Les dirigeants de Vancouver sont invisibles, les joueurs ne livrent pas la marchandise et l’entraîneur canadien somnole. La cote d’alerte est atteinte. Il en va pourtant de l’avenir du club grenat. Petit tour du propriétaire et inventaire des lieux.

Qui dirige Genève-Servette? S’agit-il de Hugh Quennec encore président en exercice ou de Mark Gillis autoproclamé vice-président et censé reprendre un jour (quand?) la destinée du club grenat? Difficile de trancher tant la politique du club est opaque. Deux certitudes: Quennec, pourtant beau parleur à l’occasion, est muet comme une carpe alors que Gillis est inscrit aux abonnés absents. Cherchez l’erreur!

Qui entraîne? Ce devrait être Craig Woodcroft. De fait, on ne sait pas, car le successeur de Chris McSorley manque de tout. De charisme d’abord, d’expérience ensuite, de l’élémentaire connaissance du hockey suisse aussi et de légitimité enfin. Autant de défauts rédhibitoires qui plombent l’ambiance du côté des Vernets. Après vingt-et-un matches de championnat, le Canadien semble incapable de dégager une équipe-type. A force de brasser ses lignes, il brasse de l’air. Peut-être Woodcroft devrait-il se recycler dans des projets de développement d’éoliennes. Sûr qu’il aurait de l’avenir dans un domaine en pleine expansion.

Quid des finances? Quand il est visible, Hugh Quennec rase les murs. Mark Gillis, lui, est planqué à Vancouver. Une certitude: des sponsors s’inquiètent. Le public aussi. Le départ forcé de Gerbe pour faire place nette à Da Costa tendrait à prouver que le GSHC ne peut conserver cinq joueurs étrangers dans son contingent. Faute de moyens financiers, plombés notamment par les affluences en baisse enregistrées depuis le début de la saison (5787 par match, soit une perte sèche de 13’296 spectateurs après les douze premières rencontres à domicile contre 6679 de moyenne lors de l’exercice 2016/2017).

Trop de joueurs? Woodcroft a hérité un effectif pléthorique de son prédécesseur. Malgré les nombreuses blessures, qui ont frappé Genève-Servette, il y a un trop plein de joueurs aux Vernets. Antonietti, actuellement blessé, mais expédié régulièrement à Porrentruy pour renforcer le HC Ajoie (Swiss League, ex-LNB), Mercier, Impose et d’autres encore à tour de rôle font banquette. La gestion de ce problème délicat par l’entraîneur et ses adjoints entraîne des tensions dans le vestiaire. Et les résultats, forcément, s’en ressentent.

Trop de personnels? En plus d’un contingent de joueurs surréaliste, le GSHC a encore sous contrat quatre entraîneurs (Woodcroft, O’Leary, Matte, Beaulieu), un manager général (McSorley) et un adjoint(Henning). Soit trois salaires supplémentaires par rapport à la saison passée: ceux de McSorley, dans son nouveau job de manager général qu’il menait de front à celui d’entraîneur auparavant, Henning et O’Leary. C’est un luxe que Genève-Servette ne peut se permettre. Un luxe avec lequel le nouveau CEO, Pierre Alain Regali – dont on se demande ce qu’il est venu faire dans ce panier de crabes – doit jongler.

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09/10/2017

GSHC en pleine déliquescence

Genève-Servette, tombé en déshérence, entame une semaine cruciale, qui doit le mener sur la voie de la rédemption, ce mardi à Lausanne, jeudi contre Ambri-Piotta et vendredi à Kloten. Soit, au total, trois matches en quatre jours (!) – quelle idée saugrenue de jouer le jeudi aux Vernets! – face à des adversaires aussi mal lotis que lui. Objectif: neuf points, sinon rien, histoire de se remettre la tête à l’endroit.

Plus facile à dire qu’à réaliser au regard de la déliquescence qui frappe Genève-Servette de plein fouet. Avec pour principaux protagonistes: un président (Hugh Quennec), en disgrâce, un nouveau boss (Mike Gillis), aux abonnés absents, un directeur sportif (Chris McSorley), muet comme une carpe et marqué à la culotte par son garde-chiourme (Lorne Henning) dont on se demande à quoi il sert, un entraîneur (Craig Woodcroft alias Foodtruck) aussi charismatique qu’un mérou et des joueurs, complètement désorientés. Charmant tableau!

Sous le choc, des spectateurs fâchés – ou ce qu’il en reste – quittent la patinoire des Vernets, avant même la fin des matches, quand ils ne la désertent pas tout simplement. A ce rythme-là, plus besoin de la future Aréna du Trèfle Blanc, les Vernets suffiront amplement à accueillir les derniers fidèles à la cause grenat.

Le dossier le plus urgent à traiter est celui de l’entraîneur. Apathique derrière son banc, Craig Woodcroft, au CV aussi mince qu’une feuille de papier à cigarette, n’est pas adoubé par tous les joueurs. Ne nous voilons pas la face: changement de tête il fallait après seize ans de règne sans partage de Chris McSorley et un système de jeu périmé. Le nouveau coach de Genève-Servette est arrivé avec des idées plein la tête et des promesses en l’air. Son plan de jeu – pour autant qu’il en ait un! – ne correspond pas au contingent de joueurs à sa disposition qu’il n’a certes pas choisis!

Alors, à défaut de charisme et de légitimité, Craig Woodcroft pourrait faire preuve d’intelligence – ça ne coûte rien d’essayer – et adapter son système de jeu à son outil de travail. A Nice, Lucien Favre n’a pas hésité à abandonner son 4-3-3 fétiche (on parle football évidemment) au profit du 4-4-2 en regard du profil des joueurs engagés au terme d’une sinistre campagne des transferts de ses dirigeants. A l’entraîneur de Genève-Servette de s’inspirer de ce bel exemple. Car, pour l’heure, à trop réfléchir, ses ouailles patinent dans la choucroute.

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25/09/2017

GSHC: un peu de patience, svp

Bien sûr, le début de championnat de Genève-Servette n’est pas à la hauteur des attentes de son entraîneur, de ses joueurs, de ses dirigeants et de ses supporters. Il serait facile par les temps qui courent de vouer aux gémonies Foodtruck, pardon Woodcroft, le successeur de Chris McSorley, et son bilan famélique (sept points après sept matches) sanctionné par un modeste dixième rang au classement. C’est oublier un peu vite que l’on ne change pas un canard boiteux en un aigle royal d’un simple coup de baguette magique.

Donnons au nouvel entraîneur du GSHC un peu de temps. Car patience et longueur de temps valent mieux que force ni que rage. Souvenez des débuts poussifs de Chris McSorley à son arrivée à Genève! Sous sa conduite autoritaire, l’armada grenat avait commencé le championnat de LNB 2001-2002 par deux défaites contre Olten et Sierre. Avant d’aligner une série impressionnante de victoires et d’être brillamment promue en LNA.

Il faut donner crédit à Woodcroft de tenter d’inculquer une nouvelle orientation plus jouissive au jeu de Genève-Servette. La transition avec le système rigide de McSorley, élevé en dogme aux Vernets, ne se fera pourtant pas du jour au lendemain. Comme Rome ne s’est pas construite en un jour. Deux bémols, hélas, à ce constat: la désaffection lente mais inexorable du public des Vernets échaudé par une dernière saison pourrie en interne par Hugh Quennec, aujourd’hui heureusement réduit au silence, et la répétition des erreurs de débutants des joueurs, malgré un contingent étoffé en quantité comme en qualité.

 

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29/08/2017

Mats Wilander déraille

Mats Wilander sévit – ce terme est choisi à dessein – dans les colonnes du journal L’Equipe depuis de trop nombreuses années maintenant. C’est le sentiment qui prédomine à la lecture de sa dernière chronique, pas plus tard que lundi à propos de l’US Open de tennis. Le Suédois, que l’on a connu parfois – mais pas toujours – plus lucide, fait de Rafael Nadal son favori de la quatrième et dernière levée des tournois du Grand Chelem de l’année. Rien à redire, même si les journalistes de L’Equipe prennent son contre-pied en désignant, eux, Roger Federer. Comme Mats Wilander, telle une girouette, change souvent d’avis en cours de route, on se réjouit de découvrir comment il va éventuellement expliquer son grand écart d’ici à la fin de la quinzaine new-yorkaise!

Là ne se situe pourtant pas le nœud du problème. Non, ce qui interpelle, c’est le fond même d’une chronique ambiguë, qui laisse l’observateur perplexe. Songez que Mats Wilander se réjouit de l’absence d’Andy Murray, Novak Djokovic, Stanislas Wawrinka, sans parler de Milos Raonic et Ken Nishikori, tous blessés. «C’est une bonne chose pour le tennis (sic), écrit-il. Pas parce qu’ils ne sont pas là (ndlr: encore heureux!) mais que leurs forfaits ouvrent à de nouvelles figures l’opportunité de se montrer au moins jusqu’en demi-finales. La situation fait qu’on va voir de nouveaux visages dans les grands moments d’un tournoi du Grand Chelem. Super!»

Oui super! On aurait bien aimé à l’époque où il jouait que Mats Wilander se mît aussi en réserve de la République pour ne pas avoir à supporter – le mot n’est pas trop fort – son jeu soporifique et dénué de toutes fantaisies. Une punition à l’état pur nonobstant un palmarès flatteur et respectable. Que de moments de détestation on se serait épargnés quand nous suivions les matches du Suédois sur les plus grands courts du monde pour le compte du journal La Suisse.

Soyons lucide: un titre – au rabais? – consacrant Alexandre Zverev, Nick Kyrgios, ou Grigor Dimitrov, laissera toujours planer un doute sur sa crédibilité en l’absence de cinq joueurs membres du top 11 mondial. Rappelons à Mats Wilander, qui a la mémoire courte, que Stanislas Wawrinka, lui, a gagné des trois titres du Grand Chelem face aux No 1 mondial de l’époque, Rafael Nadal (Open d’Australie 2014) et Novak Djokovic (Roland-Garros 2015 et US Open 2016). Ça a de la gueule!

Dernier sujet de discorde avec Mats Wilander, le fait qu’il accorde du crédit aux «anciens» Jo-Wilfried Tsonga, en panne de confiance cet été, Gaël Monfils, qui évoque pourtant son mal-être depuis plusieurs semaines déjà, et Tomas Berdych, en totale perte de vitesse cette année, au rayon des possibles successeurs de Stanislas Wawrinka, tenant du titre de l’US Open. A croire que le Suédois a fumé la moquette!

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