13/10/2014

A la fin, c'est toujours l'entraîneur qui trinque...

A la fin de l’histoire, ce sont toujours les brebis galeuses, qui ont raison, et l’entraîneur, qui trinque. Hans Kossmann a fait les frais de la fronde du vestiaire de Fribourg Gottéron. Il est, aujourd’hui, condamné au chômage forcé. Il n’est pas le premier dans cette situation, ni le dernier. C’est pourtant la première fois qu’il connaît pareil crève-cœur en LNA. Par le passé, le HC Ajoie et le HC Sierre avaient limogé le Canado-Suisse avant la fin de son contrat. Mais c’était en LNB à une époque où Hans Kossmann était encore en phase d’apprentissage.

Le directoire de Fribourg Gottéron n’avait peut-être pas d’autre choix que de couper la tête de son entraîneur, car entre ce dernier et les joueurs, les rapports de confiance semblaient rompus. Sauf que le club de Saint-Léonard s’est vu trop beau et a commis une cruelle erreur lorsqu’il a choisi d’engager des seconds couteaux dans sa légion étrangère pour faire du duo local Sprunger-Bykov son cheval de Troie. Contrats juteux en poche, les deux compères n’ont pas brillé de mille feux. Quand ils ne sont pas blessés, ils sont souvent aux abonnés absents, au point de ne plus figurer dans le cadre élargi de l’équipe nationale.

L’humiliation d’un licenciement fait, hélas, partie du cursus professionnel d’un entraîneur. Avant Hans Kossmann, d’autres personnalités du hockey suisse ont vécu ce sentiment de vide du jour au lendemain. A quelques exceptions près, on veut parler d’Arno Del Curto, qui a signé un bail à vie avec le HC Davos, et de Chris McSorley, actionnaire, propriétaire et manager de Genève-Servette. Un cas unique au monde avec la sécurité de l’emploi que cette situation atypique suppose: il est indéboulonnable aux Vernets. En d’autres lieux, l’Ontarien n’aurait pas résisté à la pression populaire lorsqu’il avait compilé une fiche de quatorze défaites pour quatre victoires seulement à l’entame de la saison 2011-2012!

Impossible d’évoquer le cas si particulier de Chris McSorley sans le rattacher à celui d’Hans Kossmann. Les deux hommes ont fait la paire pendant sept ans à Genève-Servette. Désormais libre sur le marché, l’entraîneur de Fribourg Gottéron a développé quelques similitudes avec son mentor de l’époque: côté pile, sa dureté; côté face, l’échange de joueurs - sans même leur demander leur avis - pendant la saison. Cette méthode importée de la NHL, qui réduit parfois le hockeyeur à l’état de bétail, n’a pas sa place en Suisse. Apparemment, le départ précipité de Romain Loeffel (Fribourg Gottéron) à Genève-Servette en retour de Jérémie Kamerzin et John Fritsche, lors de l’exercice précédent, a choqué le vestiaire fribourgeois. Comme celui d’Alain Birbaum, Fribourgeois pur sucre devenu indésirable, à Ambri-Piotta…

Hans Kossmann avait sans doute de bonnes raisons de se séparer de quelques poids morts. Il a fini par le payer au prix fort. Mais, l’homme, resté digne dans l’adversité et qui a redonné son lustre d’antan à Fribourg Gottéron, va rebondir très vite.

 

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02/10/2014

Des choix incompréhensibles

Lausanne HC – Genève-Servette 5-1. Ou plus, prosaïquement, Heinz Ehrlers – Chris McSorley 5-1. Cherchez l’erreur!  Comme face au HC Bienne de Kevin Schlaepfer lors de la saison 2011-2012 (1-7 dans les confrontations directes) et en quart de finale des play-out de la même année contre les Rapperswil Lakers d’Harry Rogenmoser  (1-4), le boss de Genève-Servette, impuissant et fataliste, ne trouve pas la parade. Alors qu’il ne cesse de répéter – refrain connu ­qu’il fredonne année après année – qu’il n’a jamais disposé d’une équipe aussi talentueuse.

Mardi passé, les curieux choix tactiques de Chris MccSorley ont suscité la polémique dans les médias romands. Comment a-t-il osé reléguer Goran Bezina en quatrième ligne et se passer de ses services à la ligne bleue – où sa précision de sniper fait des ravages – en supériorité numérique? Cette erreur de casting laisse perplexe. Comme le fait d’aligner le défenseur international en attaque depuis l’entame de la saison. Aujourd’hui, le No 57 grenat  affiche un total de 5 points (4 buts et 1 mention d’aide) au classement des compteurs contre sept (2 buts, 5 assists) la saison passée à la même époque. Alors même qu’il revenait d’une grave blessure (rupture du tendon d’Achille).

C’est un secret de Polichinelle, Chris McSorley veut se débarrasser d’un gros salaire, celui de Goran Bezina précisément (600’000 frs environ). Et tous les moyens sont bons pour pousser l’international vers la sortie Au début de l’exercice 2013-2014, il avait déjà évoqué avec nous cette éventualité. Avant de réaliser que sa défense, rajeunie, ne tiendrait pas la route sans la présence de son capitaine de route.

Cette saison, l’arrivée de Paul Ranger, le retour au jeu de Romain Loeffel et le départ de Cody Almond ont, soit disant, redistribué les cartes. Cette explication et sujette à caution. Car, même avec le talent qu’on lui reconnaît, Goran ne peut pas s’improviser attaquant à 34 ans, même si le bonhomme a déjà occupé ce poste avec les Falcons de Springfield (AHL) au début des années 2000. Sous la direction de, devinez qui, Marty McSorley, le frère de qui vous savez!

Reste que le copropriétaire-actionnaire-manager-entraîneur est le seul maître à bord à Genève-Servette. Et même si l’on constate une légère érosion du nombre des spectateurs – déçus peut-être par l’absence d’émotion qui se dégage de leur équipe – depuis le début de la saison (-1864 après cinq matches), la situation actuelle est appelée à perdurer.

 

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23/09/2014

Chris McSorley: Docteur Jekyll et Mister Hyde

Le Matin Dimanche dresse un portrait vérité de Chris McSorley. Plutôt flatteur, bien ficelé et pas dénué d’intérêt, car le propriétaire-manager-entraîneur de Genève-Servette dévoile des pans entiers de la face cachée de sa vie. On veut dire un père tyrannique, un dur labeur à la ferme familiale et un instinct de survie qui ont forgé son tempérament.

Chris McSorley dévoile deux visages. Comme le Docteur Jekyll et Mister Hyde. Le premier - où il force le trait à dessein - qu’il arbore dans le vestiaire, sur la glace et à la bande. Avec son langage fleuri - à faire rougir n’importe quelle punaise de sacristie ou grenouille de bénitier - qui a façonné la réputation sulfureuse du personnage, pas toujours sympathique certes, mais tellement authentique qui, s’il n’existait pas, il faudrait inventer.

Le second, tout miel, destiné à la galerie, aux VIP, aux spectateurs et aux supporters. Son opération charme lors des deux participations de Genève-Servette à la Coupe Spengler a conquis le cœur des Davosiens. Vous l’avez deviné, Chris McSorley a besoin d’être aimé à tout prix. Pas forcément de ses joueurs qui, au mieux le respectent, au pire le détestent. Mais de ses proches et de la communauté.

A Genève, Chris McSorley jouit d’une liberté sans frontière. Une liberté qui lui serait refusée partout ailleurs, que ce soit en Suisse, en Europe, en KHL ou en NHL. Copropriétaire du GSHC, il règne en maître et seigneur. Engage les joueurs, les dégomme aussi selon un système de notation pervers. Car son inventeur est à la fois juge et partie.

Quand la tête d’un Servettien ne lui revient plus, il est aussitôt cloué au pilori par le boss! Daniel Rubin, de retour au bercail après deux saisons de galère à Berne et pas rancunier pour un sous, Eric Walsky et Dan Fritsche – pour ne citer que ceux-là – peuvent en parler d’expérience, eux qui ont subi le désamour de leur entraîneur quand ils ont exprimé des envies d’ailleurs. Sans parler des joueurs rémunérés au prix du marché et sous de contrat longue durée ­- que Chris McSorley a signé en toute connaissance de cause - et qui, devenus indésirables d’un jour à l’autre, sont tout juste bons à jeter à la poubelle comme de vulgaires Kleenex.

Ces vérités-là méritaient aussi d’être dites. Sans pour autant passer sous silence la force de caractère de Chris McSorley, qui lui a permis de restaurer le hockey sur glace à Genève, de structurer le club désormais jalousé par ses pairs en Suisse alémaniques, et de supporter l’incompétence crasse des politiciens genevois - Ville et canton confondus - en charge du dossier de la future patinoire. Qu’on désespère un jour de voir sortir de terre…

 

 

 

 

 

 

 

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08/07/2014

McSorley-la-Science n'a pas droit à l'erreur

Comme aux célèbres Galeries Lafayette, il se passe toujours quelque chose au Genève-Servette HC. Même à la morte-saison! Après le feuilleton des gardiens, qui a lésé clairement Bays et Nyffeler - tous deux en concurrence pour la place de No 1 dans un premier temps, avant de devoir faire place nette à Mayer - et le cas Jacquemet, à qui McSorley a montré clairement le chemin de la sortie - malgré un contrat en bonne et due forme -, voilà qu’Almond quitte à son tour le navire, direction la NHL.

Le boss de Genève-Servette s’empresse d’éteindre le feu comme chaque année à pareille époque. Le temps de la vente des abonnements se marie mal avec l’annonce de mauvaises nouvelles. Car, avec le départ d’Almond, qui suit ceux annoncés de longue date de Daugavins et Hollenstein, ce sont trois joueurs-rois sur l’échiquier des Aigles - 115 points au classement des compteurs 2013-2014 à eux trois - qui s’évanouissent dans la nature. Et qui, excepté le Letton, ne seront jamais remplacés à valeur égale.

Dans un discours digne de la Méthode Coué, McSorley s’en remet au talent des jeunes joueurs pour faire oublier cet exil de masse. Sauf que si Antonietti, Marti, Iglesias, Rod et Trutmann ont déjà emmagasiné de l’expérience en LNA, les futurs nouveaux appelés - Impose, Dupertuis, Douay, Girard, Wick, Traber et Leonelli - font un immense saut dans l’inconnue.

Or, le passé en témoigne, il n’est pas toujours aisé de se faire une place au soleil aux Vernets sous les ordres de McSorley. Augsburger, B. Antonietti, Schilt, les frères Bonnet, T. Vauclair, P. Savary, Sutter, Vermeille et T. Kast - de retour au bercail cette saison, mais sans doute voué au rôle ingrat de surnuméraire -, pour ne citer que ceux-là, ont dû aller chercher fortune ailleurs. Autant dire que l’opération jeunesse initiée par McSorley-la-Science n’est pas gagnée d’avance. Avec le programme qui l’attend (championnat, Ligue des champions, Coupe de Suisse et Coupe Spengler), le coach n’a pas droit à l’erreur pour bâtir une équipe qui tient la route.

 

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