11/05/2014

La Ligue suisse de hockey doit sévir

La douce euphorie, qui a bercé l’équipe de Suisse de hockey sur glace il y a douze mois à Stockholm avec un titre de vice-champion du monde à la clé, s’est envolée. Jusqu’à maintenant au Mondial de Minsk, les joueurs helvétiques font pâle figure. Leur peu d’implication, déjà évidente lors de la campagne de préparation, sent la fin de règne. L’échec des négociations entre la Ligue suisse et Sean Simpson ­pour la prolongation de son contrat d’entraîneur a précipité la débandade. Et (peut-être) porté un coup fatal à la réputation de notre équipe nationale.

Sean Simpson pensait pourtant avoir assuré ses arrières. Il avait obtenu de ses ouailles la promesse écrite qu’ils répondraient présent au tournoi olympique de Sotchi et aux championnats du monde. Peine perdue. Plusieurs joueurs (Gardner, M. Plüss, Stephan, qui n’a pas obtenu la garantie d’être le gardien No 1 ou 2, et Streit, pour ne citer que ceux-là) n’ont pas respecté la parole donnée.

Ajoutez à ces défections bidon la cascade de forfaits d’une douzaine d’internationaux, médaillés d’argent en 2013, pour cause de blessures et vous comprendrez que la Suisse doit d’abord songer à sauver sa peau dans le groupe A avant de regarder plus haut. Autant ne pas se voiler la face: la Biélorussie, l’Allemagne et le Kazakhstan, qu’elle est appelée à défier ces prochains jours, pourraient lui causer mille tourments.

Quoi qu’il advienne à Minsk, la Ligue suisse doit désormais affirmer haut et fort son autorité. Et rappeler aux joueurs qu’ils ont l’obligation d’honorer leur sélection et non plus se réfugier derrière une blessure diplomatique pour se défiler. Dans ce dernier cas de figure, elle pourrait prononcer une peine exemplaire, comme une suspension de 5 matches au minimum avec son club. Assortie d’une amendée salée.

L’équipe nationale a trop longtemps souffert de l’égoïsme de ses meilleures lames – dans les années septante par exemple lorsque le regretté Aldo Zenhäusern (HC Bienne) partait en croisade contre l’absentéisme ambiant de bon ton à l’époque – pour que son organe de tutelle rappelle, sans aucune pitié, quelques règles élémentaires de politesse aux futurs appelés.

 

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13/04/2014

Pascal Zuberbühler est un saint

Le fossoyeur du Servette FC serait-il un saint? La réponse est oui après lecture du Matin Dimanche. Un mètre nonante-sept sous la toise, le nouvel homme fort du club grenat collectionne tous les éloges. C’est un leader dans l’âme, une grande gueule, un doux rêveur qui remplira le Stade de Genève ­- pour l’instant désespérément vide - à ras bord (si, si…), une belle personne qu’aucun de ses anciens coéquipiers n’ose égratigner.

Zéro défaut à l’horizon, malgré ses échecs sportifs. Cet homme est un saint, on vous l’affirme. Qui en a rencontré un autre, on veut dire le bon président Quennec. Le paradis leur est promis.

Sauf qu’une petite phrase n’échappe pas à l’attention du lecteur attentif dans le panégyrique du personnage dressé par Le Matin Dimanche. Selon Pascal Zuberbühler, dont la parole est d’or, si le Servette FC s’est volontairement sabordé pendant la pause hivernale, «c’est, dit-il, parce qu’il était trop tôt pour monter alors que les fondations ne sont pas encore en place…»

En clair remettons à plus tard, ce que l’on aurait pu réaliser le jour même. Les derniers supporters grenat apprécieront...

 

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03/04/2014

Le grand nettoyage de printemps du Servette FC

«C’est l’printemps, y a la route qui s’fait nationale et des fourmis qui s’font la malle (…) C’est l’printemps, y a des souris qui s’font dents sur les matous par conséquent ». Paroles de Léo Ferré.

Osons un rêve fou! Et si le grand nettoyage de printemps opéré par Pascal Zuberbühler au Servette FC portait un jour ses fruits? Et si l’as de la démolition-reconstruction avait raison envers et contre tous? Et si ce directeur technique indésirable en Suisse alémanique depuis son échec, partagé certes avec Christian Gross, aux Young Boys avait trouvé un écho à son laboratoire d’idées sans queue ni tête à Genève? Et si sous sa direction, le Servette FC décrochait la lune, on veut dire la promotion en Super League et, pourquoi pas dans la foulée, le titre de la Grande Ligue?

Et si, et si… On peut toujours rêver. Sauf que la réalité a vite fait de nous rattraper et de nous ramener brutalement sur terre. Parce qu’à l’heure actuelle, le Servette FC c’est surtout un club qui marche sur la tête; qui chante à tue-tête que les lendemains seront meilleurs; qui n’a plus d’entraîneur diplômé depuis le limogeage de Jean-Michel Aeby; qui évolue dans un stade déserté par ses derniers supporters; qui s’est sabordé sur le plan sportif depuis la reprise du championnat; qui engage à tour de bras et licencie à bras raccourcis. Bref, qui fait tout et n’importe quoi.

Mais on peut toujours rêver… Et se poser une question pertinente: pourquoi les idées soi disant géniales de Pascal Zuberbühler n’ont-elles séduit aucun club outre-Sarine?

 

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30/03/2014

Patinoire du Trèfle Blanc: que font nos autorités?

Je ne vais pas déclarer ici la guerre à la culture, sous prétexte que la Ville de Genève en fait des tonnes dans ce domaine aux dépens du sport. Mais la page Evènement de la Tribune de Genève du 21 mars m’a tout de même interpellé. Les autorités municipales s’apprêtent à dépenser 200 millions de francs – sans compter les inévitables dépassements de budget – pour la rénovation du Musée d’art et d’histoire, du Grand Théâtre, de la Nouvelle Comédie et la création du Pavillon de la danse – et rien pour le sport !

D’ici à 2018, ce ne sont pas moins de deux chantiers d’envergure qui devraient être achevés. Deux autres devraient démarrer la même année. Les membres du Conseil administratif justifient ces dépenses somptuaires par le fait que leurs prédécesseurs n’ont pas fait leur boulot en matière d’investissements. Et que les édifices à restaurer tombent en ruine.

Pendant ce temps-là, et sans vouloir opposer en aucune manière la culture au sport, le Genève-Servette HC attend toujours la construction de sa nouvelle patinoire au lieu dit Le Trèfle Blanc sur la commune de Lancy. Celle des Vernets a certes été rénovée à grands frais ces dernières années, mais elle ne répond plus aux exigences de la Swiss League de hockey sur glace.

Ce qui me chagrine, pour rester poli, dans cette affaire, c’est que l’Arena du Trèfle Blanc ne constitue pas la priorité du Conseil d’Etat, qui a laissé – n’est-ce pas M. Longchamp? – et laisse encore dormir le projet dans ses tiroirs. Même si elle n’est pas concernée au tout premier chef  – encore que… – la Ville de Genève refuse de mettre la main au portemonnaie pour, tel Ponce Pilate, mieux refiler la patate chaude au Canton.

Notez qu’on comprend mieux la position de M. Kanaan. Très actif certes sur le front de la culture – donc du Musée d’art et d’histoire, du Grand Théâtre, de la Nouvelle Comédie et du Pavillon de la danse – le conseiller administratif est absolument transparent dans le domaine du sport, l’autre dicastère dont il a la charge. Son bilan est aussi mince – sinon plus – qu’une feuille de papier à cigarette.

Alors que Genève cultive le temps de l’inaction, Bienne, Fribourg et Lausanne annoncent la construction de nouvelles patinoires. Cherchez l’erreur! La pétition que vient de lancer le Genève-Servette HC sur son site internet fera-t-elle changer d’avis les édiles genevois? Pas sûr, hélas!

 

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