05/03/2014

Berne est la risée générale

Berne, c’est un club emblématique, une patinoire mythique, une ambiance magique, un public (parfois) hystérique, un directeur pathétique (Marc Lüthi), et c’est un peu pour tout ça qu’on l’admire. Qu’on le jalouse aussi. Depuis mardi à 22 heures, le club de la capitale croule sous les quolibets. Pour la première fois de l’histoire, un champion de Suisse en titre est condamné à jouer les play-out en compagnie des trois autres cancres de la Ligue, Zoug, Bienne et Rapperswil.

L’échec annoncé du CP Berne, et définitivement consommé face aux ZSC Lions, a fait les délices du public un peu partout en Suisse. Le malheur des uns fait le bonheur des autres, c’est bien connu. Et il n’a fallu aucune entente romande, comme le soupçonnait un scribouillard du Blick, le torchon suisse alémanique, pour arriver à ce dénouement.

Ce naufrage, car c’en est un, servira de piqûre de rappel au CP Berne, qui s’est endormi sur des lauriers éphémères, sans se remettre en question. La preuve, il n’a pas suffisamment renouvelé son personnel. Sportif d’abord, car trop de joueurs se sont installés dans un confort douillet. Administratif, car les divergences entre Marc Lüthi, CEO imbu de lui-même, et Sven Leuenberger, sympathique manager général, sont connues de tous.

Au final, si cette bérézina pouvait dégonfler quelques égos surdimensionnés et mettre fin définitivement à des pratiques hautement critiquables du CP Berne, comme le fait d’influencer le choix des arbitres par l’intermédiaire d’un relais (Ueli Schwarz) à la Ligue nationale (voir les play-off de la saison passée contre Genève-Servette), ce serait tout bénéfice pour l’équité du sport.

 

12:41 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

03/03/2014

Carton rouge à la FIFA

La Fédération internationale de football (FIFA) s’est enfilé un magnifique autogoal, qui aurait passé presque inaperçu sans la très vive réaction des autorités du football français - par exemple - au nom de la défense des droits de la femme.

Après une période d’essai de 20 mois, la FIFA a adopté officiellement le port du voile (femmes) et du turban (hommes, telle la communauté sikh). Jusque-là, le port du hijab était interdit, non pas en raison d’une atteinte à l’image de la femme mais, tenez-vous bien, à cause des risques de blessure. La seule restriction émise par la FIFA dans son nouveau règlement est que «le voile ne soit pas rattaché au maillot pour ne pas représenter un danger pour la personne qui le porte ou pour autrui…» Ce changement dans les lois du jeu est consécutif à une plainte déposée par l’Iran dont les joueuses avaient déclaré forfait contre la Jordanie, en juin 2011, pour protester contre l’interdiction du port du voile.

Alors qu’elle doit faire front à la colère d’une partie du peuple brésilien opposé à l’organisation de la Coupe du monde en juin prochain et qu’elle se déchire sur les dates du Mondial 2022 au Qatar, mais pas seulement (voir les soupçons de corruption qui pèsent sur cette candidature), la FIFA de Sepp Blatter, un président décidément très controversé, crée une nouvelle polémique inutile dans le petit monde du ballon rond. Et même au-delà.

Frédéric Thiriez, président de la Ligue de football professionnel français, a été le premier à monter aux barricades. Comme en témoigne la teneur de son communiqué incendiaire:

«Je déplore la décision de la FIFA qui malmène le principe d’universalité du football selon lequel toutes les joueuses et tous les joueurs sont soumis aux mêmes règles et aux mêmes conditions de jeu. Alors que la charte olympique exclut tout signe religieux, cette autorisation va à l’encontre du droit des femmes et menace la neutralité d’un football préservé des querelles religieuses et politiques. 
»Cette trahison est lourde  de menaces pour l'avenir.  Même si la Fédération française  de football a rapidement réagi, au nom du principe de subsidiarité (elle n’appliquera pas le règlement qui favorise le communautarisme), en maintenant l'interdiction  du port du voile pour les sélections  et compétitions nationales,  pourra-t-elle résister longtemps  aux pressions qui ne manqueront pas de s'exercer sur elle au nom  de la prééminence des règlements internationaux? Comment les jeunes filles qui ne souhaitent pas porter  le hidjab pourront-elles lutter  contre l'ascendant d'un père  ou d'un imam? Verra-t-on demain,  au nom du respect des identités culturelles, des joueurs évoluer avec la kippa, le turban ou la croix des Templiers?
»

La question certes provocatrice mérite réflexion…

 

15:37 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

23/02/2014

Douloureux retour sur terre

Après la parenthèse glorieuse du meilleur  tournoi olympique de tous les temps, les analyses fines – de purs moments de bonheur – de Gary Sheehan au poste de consultant de la RTS, le sacre final de l’immense équipe du Canada et la sortie de route prématurée – mais pas surprenante pour autant en regard des défaillances individuelles de trop de joueurs estampillés NHL (Streit, Diaz, Weber, Josi et Brunner)– de l’équipe de Suisse, le retour sur terre, ou plutôt sur glace, s’annonce douloureux pour les spectateurs et téléspectateurs du championnat de LNA.

On ne va pas rabaisser ici les joueurs helvétiques. Mais ce n’est faire injure à personne que d’affirmer que la saison régulière 2013/2014 ne marquera pas les esprits. A vrai dire, le niveau de jeu est même plutôt médiocre. A l’exception des ZSC Lions, qui ont exercé une domination sans partage sur leurs adversaires, les autres ténors supposés de la grande Ligue ont trop souvent pointé aux abonnés absents. On veut dire Fribourg, miné par une succession de blessures, Davos, fou amoureux des montagnes russes, Berne et Zoug, en chute libre.

Il ne fallait surtout pas compter sur Genève-Servette et ses intermittents du spectacle pour égayer le championnat. Après l’embellie de la Coupe Spengler, ils ont replongé dans les abîmes. Le duo Lombardi-Daugavins n’a pas masqué les limites d’un système de jeu rébarbatif et un brin démodé. On s’est souvent ennuyé depuis le début de la saison aux Vernets. Même Denis Hollenstein, annoncé à juste titre comme le Messie, a bégayé  son hockey. De dépit ou par commodité personnelle, l’attaquant international s’en retournera à Kloten. La presse suisse alémanique est unanime à ce sujet.

Maintenant, vivement que cette saison régulière sans fin se termine pour faire place aux séries finales que la Suisse entière du hockey attend avec impatience et gourmandise. Rendez-vous le mardi 11 mars.

 

16:09 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

16/02/2014

Ls sous doués du micro

On s’en souvient comme si c’était hier. C’était le jour de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi, commentée sur un ton d’enterrement  par le chef du service des sports de la RTS. Intervention qu’il a terminée sur une envolée cucul-la-praline pour dire que notre télévision nationale n’avait jamais songé à boycotter les Jeux – on s’en serait douté - et couvrirait cet événement planétaire de manière… professionnelle. Un adjectif qu’il ne fallait surtout pas prononcer, car professionnalisme et sports à la RTS font rarement bon ménage. Sauf en tennis et en football notamment…

Dix jours que les Jeux olympiques ont commencé, dix jours de supplice à l’écoute des commentaires médiocres, imprécis, enfantins et ennuyeux des envoyés spéciaux de notre télévision à Sotchi. Même le fade présentateur du Téléjournal de 19h30 a fait pâle figure face à la lumineuse et pétillante Dominique Gisin, le jour de son sacre en descente. Bref, tout sauf du boulot de pro.

Au fond, il n’y a pas à s’étonner du naufrage de la RTS à Sotchi. Un de plus ajouté à tant d’autres. La faute au pseudo chef des sports qui a le don inné d’engager les plus médiocres plumitifs de la profession, à quelques exceptions près quand même. Peut-être pour cacher sa propre incompétence.

Bien sûr, nous direz-vous, rien ne nous oblige à rester scotché devant notre petit écran à l’écoute de la RTS. Sauf que comme vous tous, je paie ma redevance et qu’à ce titre, j’ai droit à un festin de roi. Et non pas à la tambouille servie dans une gargote.

Par bonheur, les consultants - à l’exception de l’entraineur d’un club de première ligue qui ose disserter sur les matches de hockey sur glace - redorent le blason d’une télévision en pleine débâcle sur la neige et la glace de Sotchi.

 

17:25 | Lien permanent | Commentaires (10) |  Imprimer | |  Facebook | | | |