13/10/2016

Jean Martinet: «Servir puis disparaître»

Jean Martinet nous a quittés. Jamais la devise «servir puis disparaître» qu’il avait fait sienne après sa présidence légendaire à Fribourg Gottéron de 1988 à 1992 n’a semblé aussi cruelle. Parce qu’on pensait que le bon président Martinet, que nous avions eu le privilège de côtoyer alors que nous exercions notre métier de journaliste à La Suisse, était immortel.

Bien sûr, son plus haut fait d’arme restera l’engagement en 1990, au nez à la barbe des Nordiques de Québec, alors franchise de NHL, du duo Bykov–Khomutov arrivé en droite ligne du CSKA Moscou. Une prouesse qui fera date dans les annales du hockey suisse. Comme la venue des deux internationaux russes dans les locaux du journal La Suisse.

Mais, au moment de lui rendre un dernier hommage ému, je préfère m’attacher à l’homme de terroir, généreux, bon, dévoué, visionnaire et bout en train hors pair. Je me souviens, par exemple, des soirs de victoire de Fribourg Gottéron à la patinoire Saint-Léonard, où ses glissades à plat ventre sur la glace, laissaient les spectateurs pantois; de ses plans délirants aussi au début de chaque saison, lorsqu’il emmenait joueurs et entraîneurs effectuer quelques acrobaties dans le ciel; de son simulateur de vol d'hélicoptère, qu’il avait fabriqué de ses propres mains et sur lequel il s’exerçait pour passer avec succès son brevet de pilote; de la visite guidée dans les familles Bykov et Khomutov dont il m'avait fait l'honneur, un après-midi de match; d’échanges passionnants enfin autour d’un bon verre de blanc.

Oui, Jean Martinet était ce qu’on appelle un épicurien. Rien à voir avec Hugh Quennec, l’actuel président de Genève-Servette, sourire de façade et à des années-lumière du charisme de son illustre devancier à la tête de Fribourg-Gottéron. «Servir puis disparaître», telle était sa devise. Loin du «se servir et paraître» du Montréalais.

PS: suite à notre précédent blog («La vérité sur la formation au GSHC»), sachez que la descente en enfer se poursuit pour les équipes juniors de Genève-Servette Association: le week-end passé, les minis A se sont inclinés 3-7 face à Forward Morges et les moskitos top 2 ont essuyé une nouvelle défaite fleuve face à Genève Futur (1-11).

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04/10/2016

La vérité sur la formation au GSHC

«Salut, t’as joué hier?» «Oui, nous avons perdu 7-2 contre Fribourg.» «Ah, c’est mieux que nous. Nous avons été battus 10-1 par Martigny.» Cette discussion entre deux joueurs du Mouvement juniors de Genève-Servette dénote du malaise qui règne dans les sphères de la relève du club des Vernets. Quoiqu’en pense Hugh Quennec dans un communiqué ronflant écrit par un plumitif de service. On cite: «Grâce au récent accord historique entre tous les clubs de hockey genevois, nous disposons désormais d’un centre de formation très performant avec l’Association Genève Futur Hockey, qui contribuera à améliorer grandement le développement des jeunes hockeyeurs…»

Pour sûr, Genève Futur Hockey se porte comme un charme et ne manque pas de s’en vanter par la voix de son président, Hugh Quennec, vous l’avez deviné: ainsi, les juniors élites pointent à la deuxième place de leur championnat, les novices élites à la quatrième, les juniors top idem, mais loin derrière le CP Meyrin leader du groupe romand, les minis top sont deuxièmes et les moskitos top 1, quatrièmes.

Ce tableau flatteur, mais trompeur, ne saurait faire oublier, par exemple, que douze joueurs de l’équipe des juniors élites ont effectué leurs classes dans des clubs romands, français et même lettons, avant d’être recrutés par Genève Futur. Ce constat éclaire d’un jour nouveau la politique de formation initiée par Hugh Quennec qui fut, rappelons-le en passant, président du Mouvement juniors de Genève-Servette. Qu’il a pris consciencieusement soin de vider de toute sa substance.

Aujourd’hui, après son passage tumultueux et raté à la tête de ledit Mouvement juniors, sanctionné par la démission de son comité in corpore l’année passée, seuls les bambinis, les piccolos, les moskitos A, B, top 2 ainsi que les minis A ont échappé au pillage systématique de Genève Futur Hockey. Logique, puisqu’il s’agit-là d’équipes abandonnées à leur triste sort, qui encaissent pour la plupart d’entre elles, des défaites sur des scores-fleuves, week-end après week-end, malgré une combativité exemplaire. La faute à une formation de base déficiente et à des contingents souvent trop maigres, qui obligent les entraîneurs à faire appel à des joueurs de catégories inférieures pour faire le nombre.

Ainsi, les moskitos B ont disputé récemment un match amical à Yverdon avec une ribambelle de piccolos. Résultat des courses: après un premier tiers temps bouclé sur la marque de… 11-1 en faveur de l’équipe vaudoise, les joueurs des deux clubs ont été mélangés pour équilibrer les forces en présence. Belle vitrine pour Genève-Servette! Et d’autres exemples à l’avenant.

Mais de cela Hugh Quennec, fier comme un paon, n’en a cure. Il a séparé le bon grain de l’ivraie – les bons joueurs d’un côté, les mauvais de l’autre – et peut désormais bomber le torse sur sa politique de formation à deux vitesses qu’il s’est employé à mettre en place sans état d’âme. Malaise, malaise quand tu mous tiens! Au fait, qu’en pensent la communauté et la classe politique genevoises?

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19/09/2016

Quennec: l'ivresse du pouvoir

Hugh Quennec, fossoyeur du Servette FC, rappelons-le, endossera-t-il le même costume – semble-t-il taillé sur mesure pour lui – avec le Genève-Servette HC? La question mérite d’être posée après les derniers caprices du président en exercice?

Commençons par le Mouvement junior de Genève-Servette. Hugh Quennec en fut l’éphémère président controversé avant de se retirer sous la pression de son propre entourage. Non sans avoir placé un comité à sa botte à la barre, où ne figurent plus – tiens, tiens! – après quatre mois seulement de présence, deux anciens joueurs grenat – Alain Reymond et Joël Aeschlimann – qui lui ont servi de prête-noms, au moment où un comité alternatif se dressait face à lui en février dernier. Comité alternatif, traité soit dit en passant par un journaliste (?) de putschiste – pourquoi pas de terroriste pendant qu’on y est – comme si se présenter à une élection ouverte à tous représentait un déni.

Aujourd’hui, on peut s’étonner que ledit Mouvement junior et l’Association Genève Futur Hockey soient dirigés par des entraîneurs venus de France, un choix étonnant en regard de la pauvreté de la relève des clubs de l’Hexagone et d’un championnat de l’élite (sic) dominé par une légion étrangère pléthorique, pour masquer les insuffisances de la formation à la française.

Or comme si la coupe n’était pas encore pleine, Hugh Quennec, président de Genève-Servette, de Genève Futur Hockey et de Sport for life notamment, siège désormais à l’Association cantonale genevoise de hockey sur glace, dont il est membre du comité. Avant de revendiquer, qui sait, le siège de président? Autant dire qu’on peut légitimement se poser des questions sur l’ivresse du pouvoir, qui agite le Montréalais.

Car non content d’étendre ses tentacules du haut en bas de la pyramide de Genève-Servette, il a trouvé encore le temps de mettre sens dessus dessous sa propre organisation dirigée jusque-là de mains de maître par Christophe Stucki et de placer un garde chiourme à la porte du bureau de Chris McSorley. Le jour où l’entraîneur ontarien a vendu ses parts d’actionnaires à Hugh Quennec, il a signé au pire son arrêt de mort – malgré un contrat d’entraîneur de longue durée, paraît-il – et au mieux sa mise sous tutelle. Pour un monsieur, qui a toujours joui d’une pleine et entière liberté aux Vernets, le voilà rétrogradé au rang de simple employé. Grandeur et décadence…

Dans le même temps, le public lassé des manœuvres de coulisse d’un président omnipotent, boude les matches de Genève-Servette aux Vernets, comme en témoignent des affluences inférieures à 6000 spectateurs. Et rien ne dit que la chute s'arrêtera-là...

 

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08/03/2016

L'affaire Sprunger et les médias

La charge spectaculaire de Julien Sprunger sur Daniel Rubin lors de l’acte II des quarts de finale Genève-Servette – Fribourg n’a pas laissé la presse romande insensible. Avec des prises de position opposées selon que le média est genevois, fribourgeois ou romand. Ainsi, la Tribune de Genève a fait le réquisitoire de l’attaquant fribourgeois, le condamnant à la vindicte populaire avant même de connaître la sentence de Swiss Hockey.

Comme je le pressentais sans me vanter, j’avais voté dans ce sens dans le sondage initié par le matin.ch Julien Sprunger a été blanchi par le juge de la sécurité des joueurs, le Canadien Stéphane Augier, qu’on ne saurait soupçonner de partialité. Mais qu’on ne se méprenne pas, je reste persuader que le geste du Fribourgeois était inutile, stupide et dangereux. Mais pas illicite pour le plus grand malheur de Daniel Rubin.

Cette profession de foi m’amène à me poser une question sur la position, à mon humble avis intenable, des deux journalistes de la Tribune de Genève, qui suivent les séries finales du championnat de hockey sur glace de LNA? Comment peuvent-ils collaborer au magazine de Genève-Servette et rester ensuite impartiaux lorsqu’il s’agit de disserter sur le club grenat dans leur journal? Poser la question, c’est y répondre en partie. A l’époque, feu Olivier Breisacher et moi-même, qui assurions alors la couverture des matches de Genève-Servette, nous avions décliné la proposition du club grenat de participer à la rédaction de son magazine.

Aujourd’hui, trop de journalistes des quotidiens régionaux peinent à prendre de la distance avec le club phare de leur ville. Jusqu’à revêtir parfois le rôle de supporter et générer la confusion des genres.

Autre temps, autres mœurs, faut-il croire.

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