06/12/2016

Genève-Servette tangue

Elles courent, elles courent les mauvaises nouvelles à propos de l’état de santé de Genève-Servette. Sur le plan sportif, les Aigles piquent du nez et menacent de se crasher en beauté; le nombre de spectateurs ne cesse de chuter match après match – ils n’étaient que 6000 samedi soir à l’occasion de la venue de Davos, si l’on soustrait les 500 supporters grisons venus en goguette aux Vernets –; le projet de la future patinoire a du plomb dans l’aile et l’état des finances laisse présager des lendemains moroses.

Pendant ce temps là, Hugh Quennec roucoule en compagnie des oisifs Canadiens de Vancouver qu’il a recrutés à l’été, on ne sait trop pourquoi, sinon pour mettre le souk aux Vernets. Tout va bien donc à entendre un président, responsable – on ne le répétera jamais assez – à 100% de la relégation du Servette FC, dont il fut le président éphémère de 2012 à 2013, avec en guise de cadeau d’adieu un trou financier de 5 millions de francs. Pourquoi ne rééditerait-il pas le même exploit – car c’en est un – avec Genève-Servette?

Quelques nouvelles du front prouvent à l’évidence que le club tangue dangereusement. Quoi qu’il en dise, Hugh Quennec entretient des relations conflictuelles avec ses employés; il ne jouit pas non plus de la confiance des politiciens ainsi que de certains partenaires et, comme à son habitude, préfère la fuite en avant plutôt que d’affronter la réalité en face. Le projet pharaonique de la patinoire de Trèfle blanc pourrait être enterré en faveur de celui moins rutilant sis sur le parking des Vernets, de même les caisses pourraient crier famine à la fin du mois de janvier et le tournoi Genève Futur Hockey Challenge passer un tour en 2017.

Mais de tout ça, on reparlera en temps voulu. N’est ce pas Monsieur Quennec? Car ce n’est pas l’enquête bâclée de la RTS, diffusée dimanche dans le cadre de l’émission Sport dimanche, qui a levé un coin du voile sur le personnage…

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11/11/2016

Que faire de Hugh Quennec?

Il fut un temps où les présidents de Genève-Servette étaient élus par le bon peuple, on veut dire ses membres. Cette époque est désormais révolue depuis l’avènement du professionnalisme et de la reconversion logique des clubs en sociétés anonymes. Mais si on pouvait revenir en arrière juste un instant, gageons que Hugh Quennec ne serait pas forcément plébiscité. Car si l’argent contribue au bonheur, il peut aussi abîmer les âmes.

Quand Chris McSorley était encore copropriétaire du Genève-Servette HC, il pouvait exercer - ne serait-ce qu’à distance - un contrôle sur les pratiques de Hugh Quennec, et, au besoin, lui rabaisser son caquet. Maintenant que l’Ontarien a vendu son paquet d’actions à son ex-associé, il doit faire le gros dos et supporter l’humeur d’un président autoritaire et ingérable. Il ne se passe pas une semaine sans que nous soient rapportés des actes vexatoires de Hugh Quennec à l’égard de ses employés. Sous de faux airs de gendre idéal - au point que ceux qui ne le pratiquent pas lui donneraient le Bon Dieu sans confession - se cache au contraire un animal à sang-froid.

Alors que faire de Hugh Quennec? Comme les supporters en colère du Lausanne HC le suggéraient l’année passée au moment du conflit qui opposait son bienfaiteur d’un jour au comité du club vaudois, peut-être vaudrait-il mieux qu’il fasse place nette, afin que Genève-Servette ne revive pas le même calvaire que le Servette FC, dirigé par qui vous savez à l’époque. Or la situation des deux clubs grenat présente d’étranges similitudes. A l’époque Hugh Quennec, accueilli en sauveur, avait confié les clés de la maison à des Gallois, plein de bonne volonté, mais parachutés sur une autre planète. Rebelote avec Genève-Servette où sont arrivés cet été d’anciens dirigeants de Vancouver, précédés d’une réputation controversable. Certes, ils ont aidé les Canucks a gagné la Coupe Stanley, mais avec ce bémol d’importance: ils ont profité du travail de leurs prédécesseurs avant que la franchise de NHL ne pique du nez.

Est-ce ces Messieurs qui ont soufflé la (mauvaise) idée à Hugh Quennec de s’exprimer chaque semaine sur le site internet du club? Plus les semaines passent, plus on se délecte des écrits du président, qui sont moqués jusque dans les rangs ses spectateurs, toujours moins nombreux aux Vernets. Parler pour ne rien dire, telle est la devise du patron. Comme en témoigne ce passage du message présidentiel délivré le 5 novembre à propos de la future ou ex-patinoire du Trèfle Blanc:

«Plus qu’une simple patinoire, nous voulons offrir à nos fans, aux supporters et à tous les Genevois un lieu unique pour vivre et partager des émotions sportives dans les meilleures conditions possibles en tenant compte de notre identité. Pour cela, nous nous sommes entourés d’experts qui disposent d’un savoir-faire et d’une expérience indispensables pour mener à bien un projet de cette ampleur.»

Pourquoi ces précisions grandiloquentes et superfétatoires: Hugh Quennec pensait-il confier le projet à un artisan boucher, un médecin, un musicien ou, à qui sais-je encore?

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25/10/2016

Hugh Quennec sous pression

Genève-Servette a la gueule de bois. Certes, il paye un lourd tribut à une cascade de blessures, mais la malchance invoquée par Chris McSorley constitue une excuse à moitié recevable. Si l’infirmerie des Vernets affiche complet, c’est la conséquence peut-être d’un style de jeu très (trop?) physique. Le cas Almond en est la parfaite illustration. Le Canado-Suisse n’a joué que seize matches depuis le début de la saison 2015-2016 en raison de blessures à répétition.

Chris McSorley récolte aussi les fruits d’une campagne des transferts transparente et d’une folle imprévoyance en défense. Avec cinq arrières de métier seulement et des jeunots en manque d’expérience dans son contingent au début de la saison, l’entraîneur canadien a dû très vite se résoudre à faire appel en catastrophe à des attaquants (Jacquemet, Kast et même Almond) et à un mercenaire pour pallier les absences de ses défenseurs. Avec les funestes conséquences que l’on sait.

Mais on va se garder de tirer à vue sur Chris McSorley pour concentrer nos flèches sur Hugh Quennec, un président toujours aussi controversé. A l’interne comme à l’externe. On n’a pu s’empêcher de se délecter de l’article paru il y a dix jours dans la Tribune de Genève. Et surtout s’un paragraphe corrosif, mais tellement d’actualité, qui cerne au mieux le personnage. Voyez plutôt: «Ce week-end, on a beaucoup plus vu le président que les joueurs. Ce n’est jamais bon signe, diront certains. Il a même joué les chefs de presse de service en l’absence du titulaire. A force de répéter que Genève est unique, Quennec va jusqu’à le prouver par l’absurde. Dans quelle autre organisation de LNA le président se pointe-t-il en conférence de presse pour y donner les nouvelles de l’effectif? Dans quel autre club se félicite-t-on d’inviter un conseiller national pour qu’il s’humilie en massacrant le «Cé què Lainô»? Dans quel autre club a-t-on besoin d’engager de clowns pour gonfler des ballons pour mieux séduire les familles?»

Vous l’imaginez, ces lignes ont provoqué l’ire de Hugh Quennec, qui a crié au complot intérieur. Un complot, mais quel complot? Dans la foulée, la Tribune de Genève – mais on va le faire à sa place – aurait aussi pu railler la lettre hebdomadaire signée du président qui paraît sur le site internet de Genève-Servette. Une addition de phrases creuses et de nouvelles sans aucun intérêt rédigées par son chef de presse personnel. Histoire peut-être pour Hugh Quennec d’exister ("Se servir et paraître") et de corriger une image écornée depuis l’arrivée d’un aréopage de Canadiens parachuté de Vancouver – pas toujours au fait des spécificités du hockey suisse – et le départ précipité et imprévu du CEO Christophe Stücki.

Décidément, le président du GSHC a l’art de s’entourer de personnages de prime abord angéliques, mais très vite décriés, comme au Servette FC où il avait confié les clés de la maison grenat à Pascal Zuberbühler avec au final, le crash sportif que l’on sait. Sans parler de la déroute financière. Hélas, quand Hugh Quennec se met en tête de faire une révolution de palais, ça tourne en général au fiasco.

La conquête du titre de champion de Suisse et le dossier de la nouvelle patinoire sont les deux principaux piliers sur lesquels repose la nouvelle politique du président. De doux rêves à l’heure actuelle! Car le Genève-Servette, cuvée 2016-2017, ne vaut pas mieux que celle de la saison précédente. A l’époque, les dirigeants ont eu beau fanfaronner que leur équipe avait presque touché le Graal, on leur rappellera à toutes fins utiles que l’aventure s’est terminée au stade des demi-finales déjà. Quant à la nouvelle arena, ce n’est pas en faisant des courbettes aux gens de Vancouver qu’elle sortira de terre comme par magie. Pour l’instant elle reste un mirage au milieu du désert.

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13/10/2016

Jean Martinet: «Servir puis disparaître»

Jean Martinet nous a quittés. Jamais la devise «servir puis disparaître» qu’il avait fait sienne après sa présidence légendaire à Fribourg Gottéron de 1988 à 1992 n’a semblé aussi cruelle. Parce qu’on pensait que le bon président Martinet, que nous avions eu le privilège de côtoyer alors que nous exercions notre métier de journaliste à La Suisse, était immortel.

Bien sûr, son plus haut fait d’arme restera l’engagement en 1990, au nez à la barbe des Nordiques de Québec, alors franchise de NHL, du duo Bykov–Khomutov arrivé en droite ligne du CSKA Moscou. Une prouesse qui fera date dans les annales du hockey suisse. Comme la venue des deux internationaux russes dans les locaux du journal La Suisse.

Mais, au moment de lui rendre un dernier hommage ému, je préfère m’attacher à l’homme de terroir, généreux, bon, dévoué, visionnaire et bout en train hors pair. Je me souviens, par exemple, des soirs de victoire de Fribourg Gottéron à la patinoire Saint-Léonard, où ses glissades à plat ventre sur la glace, laissaient les spectateurs pantois; de ses plans délirants aussi au début de chaque saison, lorsqu’il emmenait joueurs et entraîneurs effectuer quelques acrobaties dans le ciel; de son simulateur de vol d'hélicoptère, qu’il avait fabriqué de ses propres mains et sur lequel il s’exerçait pour passer avec succès son brevet de pilote; de la visite guidée dans les familles Bykov et Khomutov dont il m'avait fait l'honneur, un après-midi de match; d’échanges passionnants enfin autour d’un bon verre de blanc.

Oui, Jean Martinet était ce qu’on appelle un épicurien. Rien à voir avec Hugh Quennec, l’actuel président de Genève-Servette, sourire de façade et à des années-lumière du charisme de son illustre devancier à la tête de Fribourg-Gottéron. «Servir puis disparaître», telle était sa devise. Loin du «se servir et paraître» du Montréalais.

PS: suite à notre précédent blog («La vérité sur la formation au GSHC»), sachez que la descente en enfer se poursuit pour les équipes juniors de Genève-Servette Association: le week-end passé, les minis A se sont inclinés 3-7 face à Forward Morges et les moskitos top 2 ont essuyé une nouvelle défaite fleuve face à Genève Futur (1-11).

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