04/11/2015

A quoi sert l'équipe de Suisse de hockey?

L’équipe de Suisse participera dès vendredi à la Deutschland Cup, en compagnie de l’Allemagne, nation hôte, de la Slovaquie et d’une sélection des Etats-Unis. Pour quoi faire? La question se pose chaque année à la même époque. La réponse est invariablement la même, valable aussi pour l’Arosa Cup (décembre 2015) et la Slovakia Cup (février 2016): à rien ou presque! Quel est l’enjeu de ces trois rendez-vous internationaux? Aucun. Quelle est l’importance accordée par les internationaux à ces trois compétitions? Aucune. Quel est l’intérêt du public? A peine poli.

Vous l’avez compris, les périodes réservées aux équipes nationales par la Fédération internationale sont vécues comme un pensum par toute  la Suisse du hockey sur glace. Par les clubs, d’abord, privés de leur personnel pendant une semaine; par les joueurs, ensuite, dont les meilleurs d’entre eux sont dispensés de fréquenter un ou deux des trois tournois inscrits au calendrier mondial; par les spectateurs, enfin, que notre équipe nationale laisse de marbre. Comme d’habitude à la Deutschland Cup, celle-ci a enregistré une avalanche de forfaits de dernière minute, au point que John Fust, entraîneur par intérim, a dû faire appel en catastrophe à sept joueurs de piquet (!) pour remplacer les appelés, annoncés blessés.

Ce désintérêt des joueurs pour l’équipe de Suisse s’explique par l’absence de tout enjeu, contrairement à son homologue de football, engagée tour à tour dans les phases éliminatoires du Mondial et de l’Euro, qui s’invitent tous les quatre ans à la table des footeux. Rien de tout ça, hélas, pour les hockeyeurs helvétiques, appelés à affronter, bon an mal an, toujours les mêmes adversaires (Allemagne, Slovaquie, Biélorussie, Norvège notamment) dans des tournois amicaux. Et qualifiés chaque année sans jouer pour des championnats du monde au rabais. A ce rythme-là, même les joueurs les plus assidus et motivés finissent par perdre la foi.

Pour lutter contre la déprime ambiante, on pourrait imaginer la naissance d’une Coupe d’Europe des nations annuelle, calée sur les trois semaines réservées par la Fédération internationale aux teams nationaux. Selon la formule suivante: quatre groupes de trois équipes (soit 12), avec quatre têtes de série, la Suède, la Finlande, la Russie et la République tchèque. Le tournoi aurait lieu au mois de novembre. Ensuite, les deux premiers de chaque poule seraient qualifiés pour les quarts de finale, qui se dérouleraient selon la formule aller et retour au mois de décembre. Les demi-finales et les finales pour les 1re et 3e places seraient programmées au mois de février.  Le vainqueur de la compétition serait proclamé champion d’Europe.

 

PS: Le Matin du jour confirme qu’il existe bel et bien une clause, qui empêche Chris Rivera, transféré à Fribourg à mi-septembre, de jouer contre ses anciennes couleurs lors de la saison régulière 2015/16. Outre le geste de Genève-Servette, qui manque de la plus élémentaire élégance – un mot inconnu de Chris McSorley – il serait intéressant de savoir si cette clause n’enfreint pas la liberté du travail?

 

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23/10/2015

Hugh Quennec, l'empereur grenat

Dans une vie antérieure, Hugh Quennec a dû exercer la profession de chapelier. Rapport à toutes les casquettes qu’il coiffe dans le petit monde du hockey sur glace genevois, on veut dire président du Genève-Servette HC, du Mouvement junior éponyme et de Genève Futur. Trois entités différentes certes, mais toutes appelées à assurer le rayonnement du sport No 1 en Ville et dans le Canton.

Faut-il parler d’omnipotence en la circonstance? Oui, bien sûr! Preuve No 1: le démarrage poussif de Genève Futur en 2006, censé réunir les forces vives du canton, s’est toujours heurté à la résistance du CP Meyrin et à celle du Mouvement juniors de Genève-Servette avant que ce dernier ne rejoigne la grande famille au moment où Hugh Quennec a cessé de régner en maître et seigneur à la tête de cette Association. Le tout, sous la pression des autorités sportives et politiques.

Preuve No 2: trois mois après l’OPA lancée par le même Hugh Quennec sur le Mouvement juniors en juin dernier, le comité a démissionné en bloc. Au motif que le nouveau président ne respectait pas les statuts de l'Association et que Genève Futur interférait sans scrupule dans ses affaires. Jugez plutôt: «M. Hugh Quennec imposait ses points de vue au comité, explique les démissionnaires, en faisant fi des discussions et des décisions unanimement votées. Plusieurs décisions importantes ont été prises par le seul président en opposition avec les autres membres du comité. Dès lors que notre rôle ne consistait plus qu’à se soumettre aux décisions du président et aux directives des employés de Genève Futur, nous n’avions plus d’autre choix que de nous retirer. Le mandat qui nous a été confié par l’assemblée générale ne pouvait légitimement plus être respecté.»

Depuis son intronisation à la tête de Genève-Servette HC, puis du Servette FC, avec les conséquences funestes que l’on sait dans ce dernier cas, Hugh Quennec a superbement ignoré les us et coutumes de la vie associative et politique genevoise. Il a construit son «empire grenat» en quémandant des subventions publiques, qu’il n’a pas toujours gérées en toute transparence, et sur une volonté machiavélique d’imposer son point de vue envers et contre tous!

Cette toute puissance exercée dans la plus totale opacité masque pourtant quelques projets dignes d’intérêt. La gestion de toutes les forces vives de Genève-Servette (première équipe, mouvement juniors et Genève Futur) aux mains d’une seule personne n’appellerait aucune critique de notre part pour autant qu’elle s’exerçât en tout transparence et dans les règles de l’art. On veut dire le respect des décisions prises au sein d’un comité.

La venue providentielle d’Alain Reymond et de Joël Aeschlimann, deux anciens joueurs de Genève-Servette, au sein du futur nouveau comité du Mouvement juniors – élu à fin novembre au cours d’une Assemblée générale extraordinaire – pourrait changer la donne. Car l’arrivée du trader de la Banque Syz et du responsable du sponsoring sportif chez Rolex, qui ne se contenteront pas de jouer les potiches, crédibilise le programme de législature ambitieux de Hugh Quennec. Qui a pour principal objectif d’améliorer – il était temps – la formation des tout jeunes juniors de Genève-Servette.

Alors oui, si la mini crise que le Mouvement juniors vient de vivre débouchait sur une rédemption, elle n’aurait peut-être pas été inutile…

 

 

 

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14/10/2015

Faites nous rêver!

1998: Mondial de football. 2015: Coupe du monde de rugby. Quel rapport entre ces deux événements organisés à dix-sept ans d’intervalle, nous direz-vous? Tout simplement le parcours de deux entraîneurs français, le premier Aimé Jacquet, le second Philippe Saint-André, brocardés par une partie de la presse hexagonale.

Souvenez-vous: en 1998, les Bleus d’Aimé Jacquet se parent de la couronne mondiale au terme d’un parcours erratique, qui leur avait valu, jusqu’à la finale de rêve face au Brésil, les bouderies et une exécution en règle du journal L’Equipe, qui stigmatisait alors «une sélection rarement guillerette, avec un seul attaquant de pointe, un milieu de terrain et une défense blindés comme des coffres-forts…» Le quotidien sportif avait défendu une ligne de conduite pure et dure. Elle lui valut l’inimitié à vie du sélectionneur français – «Je ne pardonnerai jamais» – et les foudres de la France profonde, qui ne manqua pas de conspuer les envoyés spéciaux de L’Equipe pendant le Tour de France cycliste qui suivit. Avec, en guise de mea culpa, une remise à plat de la politique éditoriale du quotidien parisien jusqu’au début du XXIe siècle. «Après 1998, on a eu des prudences, des pudeurs, peut-être même des renoncements, qui n’auraient pas été les nôtres précédemment...», reconnut humblement le journal en 2008.

Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, mais l’histoire se répète. Voilà que l’équipe de France de rugby de Philippe Saint-André – la caricature d’Aimé Jacquet – connaît le même sort que sa devancière depuis le coup d’envoi du Mondial de rugby, le mois passé, en Grande-Bretagne. Dans un commentaire caustique, l’ami Pierre-André Bonnot dénonce le vide abyssal du jeu présenté par ses compatriotes jusqu’à parler des champions de l’immonde... au cas où les Coqs deviendraient, sur un immense malentendu, champions du monde.

Plus près de nous, Chris McSorley fut, et est encore, la cible des vrais connaisseurs et amoureux du hockey sur glace, qui bâillent d’ennui à chaque match, ou presque, de Genève-Servette aux Vernets. La faute à qui, la faute à quoi? A son entraîneur, d’abord, plus connu pour sa frilosité et ses coups de gueule, qui volent au-dessus d’un nid de coucou, que pour ses audaces tactiques, exceptés ses fameux coups de pokers souvent gagnants. A un système de jeu, ensuite boudé par une partie du vestiaireque les Grenat balbutient encore dix semaines après la reprise de l’entraînement sur glace. Sans oublier une formule de championnat calquée sur celle de la NHL, qui ne génère qu’une immense lassitude avec son cortège de 50 matches en saison régulière juste pour désigner les huit qualifiés pour les séries finales.

Trois exemples, trois sports différents, mais un même constat à l’arrivée à près de vingt ans d’écart: une forme de désamour pour des entraîneurs, certes sous pression, qui ont enfoui leurs phantasmes de jeunesse au plus profond de leur mémoire pour se muer en froids calculateurs, au lieu de nous faire rêver par procuration. Hans Kossmann a su le faire au temps de sa splendeur à Fribourg-Gottéron, Arno Del Curto ne s’en prive pas avec Davos, tout comme les ZSC Lions et Berne, à l’occasion.

PS: à propos de Genève-Servette, on ne serait pas étonné si Chris McSorley se séparait de Mayer pour le placer dans un club suisse ou européen et confier les clés de la cage des Grenat à Descloux et Bays.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Faites nous rêver!

 

1998: Mondial de football. 2015: Coupe du monde de rugby. Quel rapport entre ces deux événements organisés à dix-sept ans d’intervalle, nous direz-vous? Tout simplement le parcours de deux entraîneurs français, le premier Aimé Jacquet, le second Philippe Saint-André, brocardés par une partie de la presse hexagonale.

 

Souvenez-vous: en 1998, les Bleus d’Aimé Jacquet se parent de la couronne mondiale au terme d’un parcours erratique, qui leur avait valu, jusqu’à la finale de rêve face au Brésil, les bouderies et une exécution en règle du journal L’Equipe, qui stigmatisait alors «une sélection rarement guillerette, avec un seul attaquant de pointe, un milieu de terrain et une défense blindés comme des coffres-forts…» Le quotidien sportif avait défendu une ligne de conduite pure et dure. Qui lui valut ensuite l’inimitié à vie du sélectionneur français – «Je ne pardonnerai jamais» – et les foudres de la France profonde, qui ne manqua pas de conspuer les envoyés spéciaux de L’Equipe pendant le Tour de France cycliste qui suivit. Avec, en guise de mea culpa, une remise à plat de sa politique éditoriale jusqu’au début du XXIe siècle. «Après 1998, on a eu des prudences, des pudeurs, peut-être même des renoncements, qui n’auraient pas été les nôtres précédemment...», reconnut humblement le journal en 2008.

 

Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, mais l’histoire se répète. Voilà que l’équipe de France de rugby de Philippe Saint-André – la caricature d’Aimé Jacquet – connaît le même sort que sa devancière depuis le coup d’envoi du Mondial de rugby, le mois passé, en Grande-Bretagne. Dans un commentaire caustique, l’ami Pierre-André Bonnot, dans la foulée de son compère Vincent Duluc en 1998, dénonce le vide abyssal du jeu présenté par ses compatriotes jusqu’à parler des champions de l’immonde... au cas où les Coqs deviendraient, sur un immense malentendu, champions du monde.

 

Plus près de nous, Chris McSorley fut, et est encore, la cibledes vrais connaisseurs et amoureux du hockey sur glace, qui bâillent d’ennui à chaque match, ou presque, de Genève-Servette aux Vernets. La faute à qui, la faute à quoi? A son entraîneur, d’abord, plus connu pour sa frilosité et ses coups de gueule, qui volent au-dessus d’un nid de coucou, que pour ses audaces tactiques, exceptés ses fameux coups de pokers souvent gagnants. A un système de jeu, ensuite boudé par une partie du vestiaireque les Grenat ne le maîtrisent toujours pas dix semaines après la reprise de l’entraînement sur glace. Sans oublier une formule de championnat calquée sur celle de la NHL, qui ne génère qu’une immense lassitude avec son cortège de 50 matches en saison régulière juste pour désigner les huit qualifiés pour les séries finales.

 

Trois exemples, trois sports différents, mais un même constat à l’arrivée à près de vingt ans d’écart: un profond désamour pour des entraîneurs, certes sous pression, qui ont enfoui leurs phantasmes de jeunesse au plus profond de leur mémoire pour se muer en froids calculateurs, au lieu de nous faire rêver par procuration. Hans Kossmann a su le faire au temps de sa splendeur à Fribourg-Gottéron, Arno Del Curto ne s’en prive pas avec Davos, tout comme les ZSC Lions et Berne, à l’occasion.

 

PS: à propos de Genève-Servette, on ne serait pas étonné si Chris McSorley se séparait de Mayer pour le placer dans un club suisse ou européen et donner les clés de la cage des Grenat à Descloux et Bays.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21/09/2015

Les caprices de Belinda Bencic

Belinda Bencic, 18 ans, No 15 mondial, est une perle aussi rare que précieuse dans la vitrine du tennis suisse. Sauf incidents de parcours, une assurance tous risques pour l’avenir! Faut-il pour autant céder à tous les caprices de la diva, qui réclame désormais la présence de son père lors des rencontres de Fed Cup, comme on a pu le lire dans Le Matin. A croire que l’exemple de Marion Bartoli - qui se vit refuser l’accès à l’équipe de France aussi longtemps qu’elle voulut imposer l’assistance envahissante de son paternel lors des stages de préparation - a fait des émules.

La décision de refuser ou non la demande insistante - et pour tout dire égoïste - de Belinda Bencic appartient à Swiss Tennis qui, à notre humble avis, ne peut pas céder à la supplique de la famille Bencic. D’abord par souci d’équité vis-à-vis des autres joueuses, Timea Bacsinzky et Stefanie Voegele notamment; ensuite parce que le père de Belinda, qui s’est improvisé coach, n’a aucune légitimité à s’asseoir au bord du court, sauf en tant que spectateur; enfin parce que se plier aux quatre volontés de la jeune fille, certes légitimement ambitieuse, ouvrirait toutes grandes les portes de l’anarchie.

Autant dire que le président René Stammbach doit absolument préserver l’unité de l’équipe de Suisse, dans l’intérêt supérieur de la nation, quitte à se passer des services de Belinda Bencic. Toute autre prise de position de sa part serait un terrible désaveu pour Heinz Günthardt, qui a d’autres lettres de créance à faire valoir que le palmarès encore en jachère de l’adolescente.

Bien sûr, Swiss Tennis pourrait aussi faire appel à Martina Hingis, qui entretient des relations privilégiées avec le clan Bencic, pour s’asseoir sur la chaise de capitaine de l’équipe suisse de Fed Cup. L’idée est séduisante, mais elle constituerait aussi un terrible aveu de faiblesse. Parfois, il faut savoir lâcher la proie pour l’ombre et remettre à plus tard ses rêves de grandeur.

Une certitude: nous n’aimerions pas être à la place de l’ami Stammbach au moment de trancher la question. A l’heure où l’avenir de l’équipe de Coupe Davis  se dessine en pointillé, la tentation est grande pour le président de Swiss Tennis de céder aux sirènes de la facilité et de donner les clés de la maison Fed Cup à Belinda Bencic.

 

 

 

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