Un passager encombrant à Belgrade

Pendant 47 ans, j'ai eu le privilège d'exercer la profession de journaliste du sport à la Semaine Sportive (1967-1969), à La Suisse (1969-2004), au Nouveau Quotidien (1994-1995) et à la Tribune Genève (1995-2013). Je vous propose de revivre quelques moments forts de cette longue aventure. Aujourd'hui: mes premiers championnats du monde de hockey sur glace, à Belgrade.

En mars 1978, le journal La Suisse m’envoie à Belgrade pour suivre mes premiers championnats du monde de hockey sur glace. À l’époque, la Suisse privée d’une partie de ses meilleurs joueurs réfractaires à une sélection, milite dans le groupe B en compagnie de la Pologne, du Japon, de la Norvège, de la Roumanie, de la Hongrie de la Yougoslavie, pays hôte, et de l’Italie.

Je fais le déplacement avec Serge Dournow, un journaliste libre, bien trop tôt disparu, et je noue une relation privilégiée avec Aldo Zenhäusern, le capitaine sans peur et sans reproche de cette sélection helvétique faite de bric et de broc. Et qui termine à un honorable troisième rang que l’on fête dans un bar bien caché dans la vieille ville de Belgrade et connu des seuls joueurs helvétiques.

Je découvre aussi la campagne yougoslave lors du jour de congé de ces championnats du monde. Nous en profitons, Serge Dournow et votre serviteur pour aller manger accompagnés d’un passager de renom, on veut dire André Perey, président de la Ligue nationale suisse de hockey sur glace. Bon vivant, le syndic de Vufflens-le-Château aime la bonne chère. Il dégotte au débotté un restaurant de grillades dans un coin perdu. On se régale pour un prix modique.

Nous voyageons dans une VW Coccinelle de location. Avec son embonpoint, André Perey éprouve toutes les peines du monde à s’installer sur le siège avant. Pour en sortir, c’est une tout autre affaire. Nous ne sommes pas trop de deux, Serge et moi, pour extirper le président de sa fâcheuse posture. Mais, partant du principe, que si notre hôte a réussi à entrer dans la voiture, il doit forcément en sortir, nous menons notre mission à bien. Dans un immense éclat de rire général.

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